Mitsubishi Electric et le Chiba Institute of Technology ont signé le 26 mai 2026 un accord de trois ans pour développer une IA physique 100% japonaise. L’objectif est d’industrialiser des robots multi-pattes, des humanoïdes et des drones autonomes capables de prendre en charge la maintenance d’infrastructures vieillissantes et les tâches de fabrication qui résistent encore à l’automatisation.
Un co-creation center pour rattraper Nvidia et la Chine
L’accord court de mai 2026 à avril 2029. Mitsubishi Electric et Chiba Tech vont ouvrir un centre de co-création conjoint, avec un objectif clair : faire passer les technologies physical AI du laboratoire à des solutions commerciales. La cible couvre quatre domaines : fabrication, inspection et maintenance d’infrastructures, intervention en cas de catastrophe et logistique.
Mitsubishi Electric apporte son savoir-faire industriel et son catalogue d’automation, notamment le robot collaboratif MELFA ASSISTA et son expertise en motion control. Le groupe revendique 5 894,7 milliards de yens de chiffre d’affaires en 2025 (37,1 milliards de dollars) et 150 000 collaborateurs. Chiba Tech, fondée en 1942, met sur la table son Future Robotics Technology Center, dirigé par Takayuki Furuta. Le centre est connu pour ses robots d’inspection nucléaire et ses plateformes mobiles déployées après Fukushima.
La main-d’œuvre japonaise s’effondre, l’automatisation ne suit plus
Le contexte explique tout. Le Japon perd environ 600 000 actifs par an depuis 2020, et ses infrastructures construites pendant la haute croissance des années 1960-1970 arrivent en bout de cycle. Les usines sont déjà très automatisées, mais les tâches qui exigent une motricité fine et une adaptation en temps réel résistent : usinage précis, assemblage, ajustement d’équipements, inspection visuelle sur le terrain.
Le communiqué le formule sans détour : le physical AI doit devenir la « technologie clé » pour des robots autonomes capables de manipuler des outils comme un ouvrier qualifié. C’est exactement la promesse que poursuivent Tesla Optimus, Figure AI ou les Chinois d’Agibot et d’UBTECH, mais le Japon arrive après la bataille. La semaine dernière, Kawasaki Heavy Industries a annoncé l’ouverture d’un centre R&D à San Jose avec Nvidia, Microsoft et Fujitsu pour les mêmes raisons : combler son retard en physical AI.
Les robots du futur Centre vont marcher, voler et travailler en équipe
Le projet revendique trois familles de machines : robots quadrupèdes pour l’inspection, humanoïdes pour les tâches d’assemblage et de maintenance, et drones pour la surveillance aérienne. L’angle Mitsubishi est intéressant : le groupe pense déjà multi-modal, avec des fleets coordonnées plutôt qu’un seul humanoïde universel. C’est plus proche de l’approche Boston Dynamics (Atlas + Spot + Stretch) que de la stratégie tout-humanoïde de Tesla ou Figure.
L’usage dual-use est explicite : applications privées (usines Mitsubishi) et publiques (collectivités, opérateurs d’infrastructures). Le Japon compte 1,2 million de kilomètres de routes, 14 000 ponts de plus de 50 ans et un réseau d’eau dont près de 20% des canalisations dépassent leur durée de vie. Les robots d’inspection autonomes deviennent un sujet de souveraineté.
Le calendrier reste large : trois ans pour structurer la R&D, sans annonce de produit commercial à ce stade. Mais l’alliance d’un géant industriel et d’un laboratoire de recherche dédié change le rythme. Mitsubishi avait jusqu’ici très peu communiqué sur la physical AI, le partenariat avec Chiba Tech sonne comme un signal de ralliement de l’industrie japonaise au mouvement initié par Toyota et Honda à la fin des années 2000.
Source : IBTimes JP.


