Transitive Robotics étend son outil Remote Teleop au pilotage de bras robotiques par Internet. La version 0.20 ajoute les contrôleurs de réalité virtuelle et une commande par gestes de souris, tout en conservant la vidéo WebRTC et les mécanismes d’arrêt déjà prévus pour les robots mobiles.
La téléopération ne concerne plus seulement les bases roulantes. Dans une annonce publiée le 31 août, l’entreprise indique que son logiciel peut désormais commander à distance des bras, notamment les petits SO-101 utilisés avec l’écosystème LeRobot. La page technique officielle précise que la fonction accepte simultanément un robot mobile et un manipulateur.
Des gestes transmis avec la vidéo du robot
Remote Teleop relie directement le navigateur de l’opérateur au robot par WebRTC, même lorsque la machine se trouve derrière un pare-feu. Le logiciel peut afficher jusqu’à dix caméras et transmettre les commandes vers ROS 1, ROS 2 ou ZeroMQ. Pour les bras, Transitive Robotics ajoute deux modalités : des contrôleurs de réalité virtuelle et des mouvements de souris appliqués sur l’image.
L’objectif est de rapprocher la perception et le geste. L’opérateur regarde le flux vidéo du robot puis agit depuis la même interface. Un clic dans l’image peut aussi être publié comme un point ROS, afin qu’une application transforme cette indication en cible de navigation ou de manipulation.
La latence devient un élément de sécurité
La page produit annonce environ 30 millisecondes de délai ajouté, hors latence du réseau, par rapport à un affichage direct de la caméra. Ce chiffre décrit la chaîne logicielle dans les conditions de l’éditeur, pas une garantie de bout en bout. Sur Internet, la distance, la congestion et la qualité de la connexion restent déterminantes.
Transitive Robotics associe donc la commande et la vidéo à une même connexion. Si le flux disparaît ou si le délai dépasse 500 millisecondes, les ordres cessent d’être envoyés. Un dispositif de maintien actif, comparable à un bouton homme-mort, impose aussi une action continue de l’opérateur. Les messages ROS peuvent être horodatés avec l’heure de la dernière image reçue et sont bloqués lorsqu’elle est trop ancienne.
Ces garde-fous réduisent certains risques, mais ne rendent pas une installation sûre par défaut. L’éditeur rappelle que l’intégrateur reste responsable de l’exploitation. Un bras industriel doit conserver ses propres limites de vitesse, zones interdites, arrêts d’urgence et procédures locales, indépendamment de l’interface distante.
Un outil d’intégration plutôt qu’un robot autonome
Remote Teleop ne choisit pas les gestes à la place de l’utilisateur. Il fournit une couche de communication et une interface, tandis que la conversion des entrées vers les mouvements du robot dépend de la configuration. Les messages Joy peuvent par exemple être interprétés par joy_teleop, et les flux ZeroMQ permettent de raccorder une API spécifique.
L’ajout des bras élargit les scénarios possibles : assistance à distance, collecte de démonstrations pour l’apprentissage, reprise manuelle après un échec ou supervision d’une machine isolée. Il reste toutefois à mesurer la précision obtenue sur un SO-101 ou un bras industriel, ainsi que le comportement lors de réseaux très instables. Transitive Robotics ne publie pas encore de benchmark comparatif pour cette nouvelle fonction.
Cette mise à jour illustre une évolution pratique de la robotique connectée : l’autonomie et la téléopération ne s’excluent pas. Une liaison distante peut servir de filet de sécurité ou d’outil de collecte, à condition que la sûreté physique reste assurée au niveau de la machine.
