Industrie

RoboForce lève 52 millions de dollars pour deployer ses robots dans les secteurs industriels les plus dangereux

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Mines, panneaux solaires, entrepôts logistiques. Ces secteurs ont en commun des conditions de travail pénibles, un déficit croissant de main-d’oeuvre et une pression constante sur la sécurité. RoboForce, une startup américaine de robotique industrielle, vient de lever 52 millions de dollars pour y déployer ses robots.

Un tour sursouscrit mené par un fonds de 10 milliards

Le tour de table, qualifié de « sursouscrit », porte le total levé par RoboForce à 67 millions de dollars depuis sa création. Il est conduit par YZi Labs, un fonds d’investissement doté de 10 milliards de dollars. Plusieurs personnalités rejoignent le cap table : Jerry Yang, cofondateur et ancien PDG de Yahoo!, Myron Scholes, prix Nobel d’économie, et Gary Rieschel, associé fondateur de Qiming Ventures, l’un des plus influents fonds d’investissement en Chine et aux États-Unis. Carnegie Mellon University, réputée pour ses recherches en robotique, figure également parmi les investisseurs existants.

Des robots pour les travaux « dangereux, sales et répétitifs »

Leo Ma, fondateur et PDG de RoboForce, résume la mission de l’entreprise : « Le robo-travail est essentiel pour les tâches ennuyeuses, sales et dangereuses. Notre mission est d’élever les humains vers des rôles plus sûrs et à plus haute valeur ajoutée, pendant que les robots prennent en charge les tâches industrielles les plus exigeantes. »

Concrètement, RoboForce cible les installations solaires à grande échelle, les data centers, les mines, le transport maritime, la fabrication et la logistique. Ces environnements partagent un même problème : des opérations physiquement intenses, souvent impossibles ou trop coûteuses à automatiser avec les robots traditionnels.

Une plateforme IA construite avec NVIDIA

La technologie de RoboForce repose sur un partenariat étroit avec NVIDIA. L’entreprise utilise plusieurs briques de la suite NVIDIA : Jetson Thor pour le calcul embarqué, Isaac Sim et Isaac Lab pour la simulation et l’apprentissage robotique, Cosmos pour la génération de données synthétiques, et Osmo pour l’orchestration cloud-to-edge.

L’objectif est de construire un modèle fondateur d’IA physique capable de s’améliorer en continu grâce aux données collectées par toute la flotte de robots déployés sur le terrain. Plus les robots travaillent, plus le modèle s’affine. RoboForce décrit ce mécanisme comme un « data flywheel » en circuit fermé.

Les fonds levés serviront à accélérer sur trois fronts : renforcer le modèle IA et l’infrastructure de données, scaler la production des robots physiques, et convertir les programmes pilotes actuels en déploiements commerciaux récurrents.

Un marché en pleine expansion

La levée intervient dans un contexte de forte compétition pour la robotique industrielle. Début mars, Mind Robotics levait 500 millions de dollars, tandis que Sunday Robotics bouclait 165 millions pour son robot ménager. RoboForce se distingue par son ciblage précis des environnements industriels extrêmes, là où les humanoïdes grand public ne peuvent pas encore aller.