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Souveraineté technologique : l’Europe dégaine son Chips Act 2.0 et un Cloud and AI Development Act pour tripler ses data centers

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La Commission européenne vient de présenter l’un de ses chantiers les plus ambitieux en matière de technologie : un Paquet pour la souveraineté technologique destiné à réduire la dépendance du continent aux fournisseurs étrangers d’intelligence artificielle, de semi-conducteurs et de cloud. Au coeur du dispositif, deux propositions de loi, le Chips Act 2.0 et le Cloud and AI Development Act.

Collage éditorial sur la souveraineté technologique européenne mêlant Commission européenne, wafers de silicium, racks de datacenter et drapeau de l'UE
Illustration RoboActu

« Nous ne pouvons pas dépendre des autres »

Le ton est posé d’emblée par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission. « Nous ne pouvons pas nous permettre de dépendre des autres pour les technologies qui font tourner nos hôpitaux, stabilisent nos réseaux énergétiques et sécurisent nos services », a-t-elle déclaré. L’Europe dispose des talents, de l’excellence en recherche, de la base industrielle et du marché unique, plaide-t-elle. Reste à les transformer en souveraineté réelle.

Le paquet combine ces deux textes législatifs avec une nouvelle stratégie open source et une feuille de route sur la numérisation et l’IA dans l’énergie. S’il est adopté, l’ensemble pourrait tripler la capacité des centres de données européens, accélérer le déploiement de l’IA et créer de nouveaux mécanismes de financement pour les projets technologiques stratégiques.

Chips Act 2.0 : viser les puces pour l’IA

Le Chips Act 2.0 prolonge le premier Chips Act de 2023. L’Europe reste solide sur certains maillons de la fabrication de semi-conducteurs, mais dépend lourdement de fournisseurs étrangers pour la conception et la production des puces les plus avancées. L’urgence grandit : les puces dédiées à l’IA devraient représenter plus de 70 % du marché mondial des semi-conducteurs d’ici 2030.

La nouvelle proposition prévoit d’accélérer les procédures d’autorisation, de soutenir les investissements stratégiques et de renforcer les partenariats avec des alliés de confiance. Un label d’excellence pour les régions productrices de semi-conducteurs viendra encourager les clusters d’innovation. La Commission cherche aussi à rapprocher les fabricants de puces des secteurs en forte croissance : infrastructure IA, cloud, data centers et futures gigafactories d’IA.

Cloud and AI Development Act : tripler les data centers

Le Cloud and AI Development Act (CADA) constitue le second pilier, rattaché au plan d’action AI Continent. Le texte vise à tripler la capacité des centres de données européens dans les cinq à sept prochaines années, tout en soutenant le déploiement de systèmes d’IA avancés à travers le bloc. Il établira des règles simplifiées pour implanter des data centers à grande échelle et un cadre unique d’évaluation de la souveraineté cloud et IA.

Ce cadre est pensé pour protéger les applications sensibles et les données critiques, tout en restant ouvert à des partenaires internationaux de confiance. Pour la France et l’Europe, c’est une réponse politique à une réalité économique : la demande de puissance de calcul explose à mesure que l’IA se généralise, et les capacités souveraines ne suivent pas. Reste un obstacle de taille : le Chips Act 2.0 comme le CADA doivent encore être négociés et approuvés par le Parlement européen et le Conseil avant de devenir loi.