La start-up new-yorkaise Standard Bots vient de boucler une levée de 200 millions de dollars qui la valorise à 1 milliard de dollars. Un nouveau licorne de la robotique américaine, avec une ambition claire : fabriquer ses machines sur le sol américain plutôt que de les importer.

Un tour de table mené par General Catalyst
La Série C a été conduite par General Catalyst et RoboStrategy, un fonds entièrement dédié à la robotique. Le montant marque un bond spectaculaire par rapport aux 63 millions de dollars levés en 2024, à une valorisation alors non communiquée. L’argent servira à agrandir l’usine de Long Island, dans l’État de New York, et à recruter des ingénieurs.
Standard Bots conçoit des bras robotisés, le type de machines qui automatisent les tâches industrielles comme l’assemblage complexe ou le chargement et déchargement de machines-outils. Son argument commercial : ses bras apprennent une nouvelle tâche après avoir simplement observé une démonstration, grâce à une IA qui tourne en arrière-plan. Plus besoin d’un ingénieur pour coder à la main chaque mouvement.
La fabrication américaine comme argument stratégique
Cette facilité d’apprentissage est l’angle d’attaque que Standard Bots utilise face aux géants installés de l’automatisation industrielle. « Le tour de table s’est monté parce que les investisseurs ont vu que nous grandissions énormément », explique Evan Beard, le directeur général. Il avance même un objectif ambitieux : réaliser d’ici la fin de l’année 10 % des déploiements de robots industriels aux États-Unis. Un chiffre fourni par l’entreprise elle-même, à prendre comme une ambition plutôt qu’une donnée auditée.
L’appétit des investisseurs, lui, est bien réel, et reflète une inquiétude plus large. Les États-Unis cherchent à suivre le rythme de la Chine, qui domine la fabrication de robots, moins parce que ses machines seraient plus avancées que parce que sa chaîne d’approvisionnement est plus mature. Construire des robots sur le sol américain, pas seulement les concevoir, est devenu un objectif stratégique.
Le pari du logiciel comme barrière à l’entrée
L’argent afflue pour accompagner ce mouvement. Les investisseurs se sont rués sur les start-up américaines de robotique au cours de l’année écoulée, pariant que l’avance du pays sur les modèles d’IA peut se traduire en machines plus intelligentes, sinon moins chères, que leurs rivales chinoises. Le pari : le logiciel, et non le matériel, devient la véritable barrière à l’entrée.
Standard Bots reste concentrée sur l’atelier de production pour l’instant, même si Evan Beard évoque une ouverture future vers la robotique domestique. C’est le même horizon convoité par des acteurs humanoïdes bien mieux financés, et il reste très éloigné du chargement de machines sur une ligne d’assemblage.
Reste les questions difficiles, celles auxquelles toute entreprise de robotique fait face. Une valorisation à 1 milliard de dollars est une référence privée, pas une cotation publique. Le chiffre des 10 % de déploiements américains émane de l’entreprise. Et le marché des bras industriels est encombré de noms établis. Mais avec 200 millions de dollars en banque et une usine à agrandir, Standard Bots s’est offert le temps de prouver sa promesse, là où ça compte : sur la ligne de production.