France

UMA sort de l’ombre avec Northstar, un robot humanoïde conçu à Paris par un ex-ingénieur Tesla Optimus

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La France entre dans la course mondiale aux robots humanoïdes. La startup parisienne UMA a levé le voile ce mardi sur Northstar, un robot humanoïde léger et doté d’une IA d’apprentissage en temps réel, destiné en priorité aux usines et entrepôts européens. Derrière le projet : Rémi Cadene, ancien ingénieur principal de Tesla Optimus, et Pierre Sermanet, ex-chercheur chez Google DeepMind.

Un profil de fondateurs qui pèse

Rémi Cadene n’est pas un inconnu dans les cercles de la robotique. Il a passé plusieurs années chez Tesla où il travaillait directement sur Optimus, le robot humanoïde du groupe d’Elon Musk. Pierre Sermanet, lui, a mené des recherches pionnières sur l’apprentissage par imitation chez Google Brain puis DeepMind. Ensemble, ils ont fondé UMA à Paris avec la conviction que l’Europe a besoin d’un acteur local dans la course aux humanoïdes, un marché aujourd’hui dominé par des entreprises américaines et chinoises.

Le choix de cibler l’Europe en premier est stratégique. Les réglementations strictes sur la sécurité des machines et les préoccupations sur la souveraineté technologique créent une ouverture pour un acteur européen capable d’adapter ses robots aux contraintes locales. Northstar serait ainsi conçu dès le départ pour répondre aux normes CE et aux exigences du règlement européen sur l’IA.

Northstar : léger, adaptatif, ciblé industrie

Northstar se distingue d’emblée par son poids réduit, un avantage clé pour les environnements industriels où la sécurité des opérateurs est primordiale. Le robot embarque un système d’apprentissage en temps réel qui lui permet de s’adapter à de nouvelles tâches sans reprogrammation complète, une promesse qui l’aligne avec les approches de Physical AI que défendent des acteurs comme NVIDIA ou Figure AI.

UMA cible trois secteurs prioritaires : la fabrication industrielle, la logistique d’entrepôt et, à terme, les applications domestiques. La startup indique être déjà en discussions avancées avec 50 clients potentiels, ce qui suggère un intérêt concret du marché avant même la commercialisation du robot.

L’Europe face à la course mondiale

Le lancement d’UMA arrive dans un contexte de course effrénée. En quelques mois, Figure AI, Agility Robotics, Unitree, UBTech et des dizaines de concurrents ont levé des milliards. La France n’est pas absente : Genesis AI, fondée avec le soutien de Mistral AI, avait déjà dévoilé son robot Eno en début d’année. Mais UMA se positionne différemment, avec un focus explicite sur l’industrie lourde et la logistique plutôt que sur les usages de service.

Pour Rémi Cadene et Pierre Sermanet, l’enjeu va au-delà du business. Ils veulent démontrer que la recherche de pointe en robotique, conduite depuis Paris, peut rivaliser avec celle de la Silicon Valley ou de Shenzhen. Un pari audacieux, mais pas improbable : la France dispose d’un réseau de laboratoires de robotique et d’IA reconnus mondialement, de l’INRIA au CEA, en passant par des équipes académiques de premier plan.

Les détails techniques complets de Northstar, ainsi que son calendrier de commercialisation, n’ont pas encore été communiqués. UMA devrait préciser ses plans lors d’une présentation publique dans les prochaines semaines.

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