UT Austin pilotera un centre de 30 millions de dollars sur la coadaptation humain-robot

Joydeep Biswas entouré de robots d’assistance au Texas Robotics
Le futur centre étudiera des robots d’assistance dans des environnements quotidiens.

L’université du Texas à Austin dirigera un nouveau centre de recherche doté de 30 millions de dollars par la National Science Foundation. Pendant cinq ans, ses équipes étudieront comment des robots d’assistance et des personnes peuvent apprendre à s’adapter les uns aux autres dans des environnements quotidiens.

Le Center for Human and Robot Co-Adaptation réunira 39 chercheurs de six universités, ainsi que plusieurs partenaires industriels. Le programme ne se limitera pas à améliorer les capacités techniques des machines. Il observera aussi la manière dont les humains modifient leurs habitudes, leurs attentes et leur confiance lorsqu’un robot entre durablement dans leur logement, leur lieu de travail ou un établissement de soins.

Des robots testés hors du laboratoire

Le centre sera dirigé par Joydeep Biswas, professeur associé d’informatique à UT Austin. Les partenaires universitaires sont le MIT, Yale, Indiana University Bloomington, l’université de l’Utah et Tufts. L’équipe associera robotique, intelligence artificielle, sciences cognitives et sciences sociales.

Le projet prévoit de placer des robots d’assistance dans des logements, des hôpitaux et des résidences pour personnes âgées. Ces déploiements doivent produire des observations de longue durée, alors que beaucoup d’évaluations robotiques actuelles restent limitées à des tâches courtes dans des espaces préparés. Les chercheurs veulent notamment mesurer comment une machine apprend les préférences d’une personne et comment cette personne réorganise ses gestes en retour.

UT Austin dispose déjà du Human Environment with Robots Lab, un appartement simulé où les équipes évaluent des plateformes mobiles de manipulation. L’une d’elles, CoBot MoMa, combine une base roulante et un bras pour réaliser des tâches domestiques, comme apporter une tasse. La photo officielle du projet montre également le quadrupède Spot de Boston Dynamics dans cet environnement.

La sécurité et la confiance au cœur du programme

La coadaptation pose une difficulté particulière : un robot qui personnalise son comportement ne doit pas devenir imprévisible. Le centre devra donc concilier apprentissage continu, respect des contraintes physiques et possibilité pour l’utilisateur de comprendre ou corriger une action. La NSF insiste sur des interactions sûres et efficaces à mesure que les robots de service deviennent plus courants.

Les partenaires industriels cités par l’université comprennent notamment Amazon, Apptronik, Diligent Robotics et Google DeepMind. Leur présence doit rapprocher les travaux académiques de matériels et de logiciels susceptibles d’être déployés. Elle donne aussi au programme un terrain pour comparer plusieurs formes de robots, depuis les manipulateurs mobiles jusqu’aux plateformes humanoïdes.

Un financement parmi trois nouveaux centres NSF

L’enveloppe de 30 millions de dollars fait partie d’un investissement total de 90 millions annoncé par la NSF pour trois Science and Technology Centers. Les deux autres programmes portent sur des systèmes radio économes en énergie et sur la réparation des tissus biologiques.

Pour la robotique, le résultat attendu n’est donc pas un nouveau produit à court terme. Le centre doit plutôt construire des méthodes, des jeux de données et des règles d’évaluation adaptés à la présence prolongée de robots auprès de personnes. C’est une étape nécessaire si les machines d’assistance doivent quitter les démonstrations ponctuelles et s’intégrer réellement dans des lieux de vie.

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