Le Vancouver General Hospital devient le premier établissement au Canada à confier la préparation de ses traitements de chimiothérapie à des robots. La pharmacie de l’hôpital s’équipe du système KIRO Oncology, une cellule à double bras robotique qui automatise le mélange des médicaments anticancéreux.

Deux bras robotiques pour un geste à haut risque
La préparation des chimiothérapies est l’une des tâches les plus délicates d’une pharmacie hospitalière. Les substances manipulées sont toxiques, les dosages doivent être d’une précision absolue, et l’exposition répétée des préparateurs pose un vrai enjeu de santé au travail. Le système KIRO Oncology enferme l’opération dans une cellule stérile où deux bras robotiques réalisent le compoundage automatisé des poches et seringues.
L’argument avancé par l’hôpital tient en deux points : la sécurité et la justesse. « Il est important de pouvoir délivrer ces médicaments de la manière la plus sûre et la plus précise possible », résume l’équipe pharmaceutique. La machine réduit l’exposition des soignants aux produits dangereux tout en limitant le risque d’erreur de dose.
Un investissement porté par un don de 39 millions
L’arrivée des robots s’inscrit dans une campagne plus large. La VGH & UBC Hospital Foundation a annoncé avoir levé plus de 39 millions de dollars pour renforcer la prise en charge du cancer à Vancouver. Les robots KIRO Oncology figurent parmi les équipements financés, aux côtés d’autres technologies destinées à accélérer l’accès aux soins.
Concrètement, l’automatisation vise aussi à fluidifier le parcours patient. En libérant les préparateurs des tâches de mélange les plus exposées, l’hôpital espère traiter davantage de doses dans des délais plus courts, un point sensible en oncologie où chaque retard compte.
La robotique pharmaceutique gagne du terrain
Vancouver n’invente pas la pharmacie robotisée, mais devient une vitrine nord-américaine pour ce type de cellule appliquée spécifiquement à l’oncologie. Le mouvement illustre une tendance de fond : la robotique de service s’installe dans les arrière-cuisines de l’hôpital, là où la précision et la protection des personnels priment, avant même d’arriver au chevet des patients. Pour les soignants exposés quotidiennement à des molécules cytotoxiques, le bénéfice est immédiat.