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Washington réautorise Mythos 5, l’IA la plus puissante d’Anthropic, mais à un cercle restreint d’Américains

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Après deux semaines de blocage inédit, l’administration américaine a fait machine arrière. Le gouvernement de Donald Trump a réautorisé, vendredi 27 juin, l’accès au modèle d’intelligence artificielle le plus puissant d’Anthropic. Mais le retour de Mythos 5 se fait au compte-gouttes : seul un petit cercle de partenaires exclusivement américains y aura droit dans un premier temps.

Un blocage brutal mi-juin

L’épisode remonte au 12 juin. Le ministre du Commerce américain, Howard Lutnick, avait contraint Anthropic à couper l’accès à deux de ses modèles de pointe. Le motif invoqué : la sécurité nationale, après la détection de failles jugées préoccupantes. Cette décision avait pris le secteur de court, tant elle marquait une intervention directe de l’État dans la diffusion d’un modèle d’IA.

Le blocage visait Mythos, présenté comme le système le plus avancé du laboratoire, particulièrement performant en cybersécurité. Pendant deux semaines, ni les clients américains ni les partenaires étrangers n’ont pu y accéder, dans l’attente d’un arbitrage de Washington.

Un retour réservé aux cyberdéfenseurs

La réautorisation reste très encadrée. Les heureux élus sont, selon Anthropic, des « cyberdéfenseurs et opérateurs d’infrastructures », tous américains. Le laboratoire dit travailler au rétablissement de leur accès à Mythos 5 « aussi vite que possible ».

Les partenaires étrangers, notamment des agences étatiques de cybersécurité en Europe et en Asie, en restent pour leur part privés à ce stade. Une exclusion qui souligne la dimension géopolitique du dossier : l’accès aux modèles d’IA les plus capables devient un instrument de souveraineté, réservé en priorité aux acteurs nationaux.

Le sort de Fable 5 toujours en suspens

L’affaire ne s’arrête pas à Mythos. Le cas de Fable 5 reste lui aussi à trancher. Cette version grand public de Mythos a été bridée sur la cybersécurité et sur les risques d’attaques biologiques et chimiques. Son avenir dépendra des prochaines décisions de l’administration.

L’épisode crée un précédent. Pour la première fois, le gouvernement américain a imposé à un laboratoire privé de suspendre puis de filtrer l’accès à son modèle le plus puissant, au nom de la sécurité nationale. OpenAI a d’ailleurs accepté un dispositif comparable, en laissant l’administration examiner les utilisateurs de son nouveau modèle GPT-5.6.

Au-delà du cas Anthropic, c’est tout le rapport entre puissance publique et laboratoires d’IA qui se redessine. Les modèles de frontière ne sont plus de simples produits commerciaux : ils deviennent des technologies stratégiques que les États entendent contrôler, quitte à dicter qui peut les utiliser et qui en sera écarté.