Les mains robotiques surchauffent. C’est l’un des grands obstacles de la robotique humanoïde : faire tenir des dizaines de moteurs puissants dans un espace comparable à une main humaine génère une chaleur que les systèmes de refroidissement classiques peinent à gérer. Xiaomi vient de publier une solution inattendue pour son robot CyberOne : un système de refroidissement liquide qui imite les glandes sudoripares.
Une main 60 % plus compacte, 83 % plus agile
La nouvelle main bionique du CyberOne a été réduite de 60 % en volume pour atteindre une proportion 1:1 avec une main humaine de 1,73 mètre. Concrètement : elle tient dans un gant standard. Xiaomi a aussi augmenté les degrés de liberté actifs de 83 %, se rapprochant des 22 à 27 degrés de liberté que possède la main humaine pour des tâches complexes.
La surface de capteurs tactiles couvre désormais 8 200 mm² sur toute la paume, pas uniquement au bout des doigts. Un avantage clé en manipulation d’objets lorsque la caméra est obstruée ou qu’une force précise est requise, comme dans l’assemblage industriel.
Le principe de la sueur appliqué à un robot
L’élément le plus original reste le système thermique. Pour dissiper la chaleur des moteurs compacts, Xiaomi a intégré des canaux de refroidissement liquide imprimés en 3D directement dans la structure métallique de la main. Ces canaux fonctionnent comme des glandes sudoripares : un liquide circule, absorbe la chaleur des composants et la dissipe.
Sans ce système, les moteurs surchauffent rapidement lors d’opérations continues, ce qui réduit leurs performances et leur durée de vie. Avec lui, la main peut tenir plus longtemps en régime industriel.
90 % de réussite sur une chaîne automobile
Xiaomi a testé la main sur des tâches d’assemblage automobile : serrage de vis dans un cycle usine strict de 76 secondes, pendant trois heures d’affilée. Le taux de réussite annoncé est de 90,2 %. La durabilité a aussi été mesurée à 150 000 cycles de préhension, contre environ 10 000 pour les mains à tendons classiques.
Pour aller plus loin, Xiaomi annonce la publication des données d’entraînement en open source. L’objectif : alimenter la recherche en IA incarnée et en manipulation robotique. Une posture qui tranche avec les approches fermées d’autres constructeurs, et qui rappelle la stratégie adoptée par ORCA Dexterity il y a quelques semaines pour ses propres mains robotiques open source.
