Chine et Asie

Robotera lève 350 millions de dollars en deux mois et déploie ses humanoïdes L7 chez SF Group et China Post

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Robotera, la startup pékinoise de robotique humanoïde, a finalisé un tour stratégique de plus de 2 milliards de RMB, soit environ 280 millions de dollars. Cumulée à un précédent tour, l’opération porte le total levé à près de 350 millions de dollars en seulement deux mois. La société revendique au passage le premier « product-market fit » de l’IA incarnée appliquée à la logistique chinoise.

Un tour mené par SF Group, à la fois investisseur et premier client

SF Group, géant chinois de la logistique express, mène ce tour stratégique. Sequoia China, IDG Capital, CICC Capital, Dongfeng Investment, ICBC Capital et plusieurs fonds affiliés à China Unicom complètent le syndicat. Le portefeuille d’investisseurs de Robotera comprend désormais Alibaba, Geely, BAIC, Dongfeng, Samsung, Lenovo, Haier, Singtel et Woori Financial Group. La présence simultanée de SF Group comme financeur et acheteur opérationnel signale un engagement dépassant la simple démonstration technologique.

La société indique que la demande sur ce tour a largement dépassé sa cible initiale, ce qui traduit une fenêtre d’opportunité jugée brûlante par les fonds chinois face à leurs concurrents occidentaux comme Figure AI, Apptronik ou 1X.

Des livraisons effectives par milliers d’unités

Au deuxième trimestre 2026, Robotera a démarré des livraisons à l’échelle de plusieurs milliers d’unités. La startup affirme afficher un taux de croissance de 300%, sans toutefois publier la base de comparaison. Ses humanoïdes L7 sont déployés dans plus de dix centres logistiques répartis en Chine du Nord, de l’Est et du Sud, avec China Post comme partenaire opérationnel.

Dans certains contextes contrôlés, Robotera annonce atteindre jusqu’à 85% de l’efficacité humaine en cycle continu 24h/24. Le robot effectue des tâches de tri de colis sur convoyeurs, fonction où la pénurie chronique de main-d’œuvre dans la logistique chinoise rend l’automatisation particulièrement rentable.

Une stratégie full-stack qui vise le marché de masse

Sur le plan technique, Robotera mise sur une architecture intégrée verticalement : cerveau IA, contrôle de mouvement, systèmes de données, mains dextres et hardware humanoïde sont développés en interne. Cette approche full-stack la place en concurrence directe avec Figure AI, qui équipe BMW, Agility Robotics, dont les Digit travaillent chez Amazon, et 1X Technologies côté occidental. Sur son marché domestique, elle affronte Unitree, Fourier Intelligence et UBTech.

La distinction principale tient à son ancrage logistique plutôt qu’industriel. Les centres de tri de colis exigent moins de précision millimétrique qu’un assemblage automobile, mais représentent un volume d’unités structurellement plus vaste. Avec Geely, Renault, Haier, Lenovo et Samsung au capital, Robotera dispose d’autres terrains d’expérimentation dans l’automobile et l’électronique grand public.

Les indicateurs à surveiller

Plusieurs signaux méritent attention dans les prochains trimestres. D’abord la réduction du coût unitaire à mesure que les volumes augmentent, condition indispensable au déploiement commercial en dehors de la Chine. Ensuite la capacité à répliquer les performances logistiques dans des secteurs plus exigeants techniquement. Enfin l’éventuelle expansion via Samsung et Singtel hors du marché chinois, qui n’a pas encore de calendrier confirmé.

Un point reste à vérifier : les métriques de productivité annoncées par Robotera ne sont pas auditées par un tiers indépendant. La présence de SF Group comme client opérationnel constitue toutefois une validation marché plus solide qu’une démonstration en laboratoire. Pour les intégrateurs B2B, le signal envoyé par cette levée est sans ambiguïté : les grands opérateurs chinois ne testent plus, ils déploient.

Source : Le Fil Robotique, Humanoids Daily

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