Le fonds RoboStrategy a démarré sa cotation au Nasdaq ce 11 mai 2026 sous le ticker BOT, avec une promesse claire : ouvrir aux investisseurs des marchés publics un accès à des sociétés de robotique et d’IA physique qui restent, pour l’essentiel, privées et inaccessibles. Le véhicule, structuré en closed-end fund, revendique des participations dans des noms qui font l’actualité du secteur : Figure AI, Apptronik, Dyna Robotics, Standard Bots et Dexmate.
Un portefeuille robotique en une seule ligne
L’argument commercial de RoboStrategy est simple. Les leaders de la robotique humanoïde et de l’IA physique restent majoritairement privés sur des durées qui s’allongent. Figure AI valorisée à 39 milliards de dollars, Apptronik portée par Apple et Google, Dexmate fournisseur de Boston Dynamics et Hugging Face : aucune de ces sociétés n’est cotée. Pour un investisseur particulier ou un fonds traditionnel, il était jusqu’ici impossible d’y accéder sans passer par des family offices ou des fonds de capital-risque réservés aux institutionnels.
Le fonds revendique une exposition concentrée sur trois axes : systèmes d’automatisation, robots humanoïdes et technologies d’IA physique. Côté chaîne d’approvisionnement, RoboStrategy expose aussi à des sociétés impliquées dans les composants critiques, point sensible identifié par McKinsey dans un rapport publié le 7 mai sur les goulets d’étranglement de la filière humanoïde (actionneurs, réducteurs, terres rares).
Le pari : le moment Tesla de la robotique
La thèse d’investissement de RoboStrategy parie sur un basculement industriel comparable à celui des véhicules électriques entre 2018 et 2024. Morgan Stanley estime que les humanoïdes seront le prochain levier d’export majeur de la Chine et Goldman Sachs valorise le marché à 38 milliards de dollars d’ici 2035. Concrètement, le fonds cherche à capter la phase pré-IPO de sociétés que les marchés publics n’auront probablement pas accès à des conditions raisonnables une fois leur introduction réalisée, vu les niveaux de valorisation actuels.
L’action BOT n’avait jamais été échangée sur une place publique avant cette cotation. Il faudra surveiller son comportement dans les semaines qui viennent, notamment la liquidité et la décote ou prime que le marché appliquera au panier sous-jacent. Les closed-end funds peuvent en effet s’échanger durablement en dessous de leur valeur d’actif net, en particulier sur des actifs aussi illiquides que des participations privées.
Un signal pour la maturation du secteur
L’arrivée d’un fonds dédié au robotics et physical AI sur le Nasdaq envoie un signal au marché. Le secteur n’est plus considéré comme un pari de niche pour capitaux-risqueurs spécialisés mais comme une classe d’actifs accessible aux portefeuilles publics. Pour les fondateurs de Figure, Apptronik ou Dexmate, c’est aussi une voie indirecte vers la liquidité, sans avoir à passer eux-mêmes par une IPO immédiate dans un climat boursier incertain.
Reste à voir si BOT trouvera son public et si les frais de gestion d’un closed-end fund concentré justifieront la prime versus une exposition robotique via les ETF généralistes comme ROBO ou IRBO, déjà disponibles depuis plusieurs années mais qui restent fortement pondérés sur des industriels classiques type ABB, Fanuc ou Intuitive Surgical.
Sources : The AI Insider, GlobeNewswire.