Industrie

Hyperscale Data installe 143 humanoïdes AGIBOT dans son data center du Michigan pour devenir le hub américain de collecte de données embodied AI

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Hyperscale Data, opérateur de data centers coté au NYSE American sous le ticker GPUS, vient d’officialiser une commande de jusqu’à 143 humanoïdes AGIBOT pour sa filiale Omnipresent Robotics. Le contrat formalise un partenariat signé le 15 avril 2026 avec AGIBOT PTE. LTD., l’entité basée à Singapour du constructeur chinois Agibot, et installe la flotte dans le data center que Hyperscale exploite dans le Michigan.

L’accord prévoit qu’AGIBOT autorise Omnipresent à revendre les robots sous sa propre marque sur le marché américain, et qu’il aide la filiale à monter un véritable centre de collecte de données robotique sur place. Environ 100 000 pieds carrés, soit un peu plus de 9 000 m², ont été réservés dans le bâtiment de 617 000 sq ft (57 300 m²) pour les opérations robotiques, les baies de téléopération et l’entraînement de modèles d’intelligence incarnée.

Data center Hyperscale Data Michigan livraison conteneurs humanoides AGIBOT vue aerienne
Illustration RoboActu

Un hub américain dédié aux données VLA

Le pari de Hyperscale est clair : faire du Michigan le centre de gravité de la production de données réelles destinées aux modèles vision-langage-action, ces VLA qui pilotent les nouvelles générations d’humanoïdes. Chaque robot déployé devient un capteur, et chaque tâche un dataset. L’idée est d’éviter de dépendre de jeux de données générés ou collectés à l’étranger, en gardant les flux sur le sol américain.

« On passe de la planification au déploiement actif. Les accords sont signés, les robots sont en commande, l’infrastructure est en cours de préparation dans le Michigan », a déclaré Milton Todd Ault III, président exécutif de Hyperscale Data. Selon lui, l’embodied AI va générer une demande durable de compute, de simulation et de génération de données du monde réel. William B. Horne, directeur général de l’entreprise, a précisé que chaque robot déployé devient « une source supplémentaire de données physiques pour les modèles VLA et embodied AI, collectées, traitées et entraînées aux États-Unis ».

Téléopération, formation et marché du travail local

Omnipresent prévoit d’élargir ses effectifs sur place avec des postes en téléopération, étiquetage de données, ingénierie et support opérationnel. L’argument est calibré pour les pouvoirs publics locaux : la robotique humanoïde n’efface pas l’emploi, elle en crée un autre, en amont, où des opérateurs humains pilotent les robots à distance pendant la phase d’apprentissage.

Cette phase est cruciale. Les humanoïdes contemporains, qu’ils viennent de Figure, 1X, Apptronik ou justement AGIBOT, ne savent pas grand-chose en sortie d’usine. Ils doivent enregistrer des milliers d’heures de démonstrations humaines, exécutées en téléopération, pour entraîner leurs modèles à reproduire des gestes simples. La data factory de Tutor Intelligence, lancée la semaine dernière avec une flotte de 100 robots Sonny, suit exactement la même logique : industrialiser la production de données VLA aux États-Unis.

AGIBOT pousse ses pions en Amérique malgré les tensions

Pour AGIBOT, qui a fait sa grande sortie publique au Met Gala début mai aux côtés du créateur Alexander Wang, l’accord Hyperscale est une percée commerciale sur le marché américain. Le constructeur chinois est l’un des trois acteurs montants des humanoïdes en Chine, aux côtés d’Unitree et de Fourier Intelligence. La structure singapourienne lui permet de contractualiser avec un client américain sans heurter frontalement les barrières en discussion à Washington autour des composants chinois.

Hyperscale, de son côté, mise sur sa proximité immédiate avec le tissu industriel du Midwest pour accueillir des partenaires en robotics-as-a-service, des programmes d’entraînement IA et des contrats de collecte de données pour tiers. Le groupe ne s’engage pas sur un calendrier précis de mise en service, ni sur le prix par robot. Mais l’allocation de 9 000 m² au sol et la commande chiffrée à 143 unités donnent un cadre suffisamment ferme pour que le projet sorte des MoUs habituels du secteur. Reste à voir si Omnipresent saura attirer rapidement des clients industriels américains capables de payer le ticket des robots en provenance de Shanghai.