Crise mondiale de l’emploi en 2028 ? Ce scénario qui inquiète les économistes

Et si l’intelligence artificielle remplaçait le travail humain à une échelle et une vitesse que la société ne peut pas absorber ? C’est le scénario sombre — mais méthodique — publié cette semaine par James Van Geelen (Citrini, cabinet de recherche en investissement) et Alap Shah, entrepreneur IA.

Un mémo fictif daté de juin 2028

L’exercice est original : les auteurs ont rédigé un mémo fictif daté de juin 2028, qui retrace rétrospectivement comment la crise s’est déroulée. Le scénario commence en 2026, quand les entreprises commencent à déployer des agents IA capables de travailler sans supervision humaine.

Les premiers licenciements massifs touchent le secteur tech — Amazon, Expedia, Pinterest ont déjà annoncé des suppressions de postes liées à l’IA début 2026. Mais le phénomène s’étend rapidement.

Le cercle vicieux décrit par les auteurs

Le mécanisme est redoutable :

  1. Les entreprises investissent dans l’IA pour rester compétitives
  2. Les modèles deviennent plus performants, justifiant davantage de licenciements
  3. Les travailleurs qualifiés déclassés acceptent des emplois moins bien payés
  4. L’afflux de main-d’œuvre fait baisser les salaires partout
  5. La consommation chute, entraînant une récession

Chaque décision individuelle d’entreprise était rationnelle. Le résultat collectif a été catastrophique, écrivent les auteurs.

Agents IA : la rupture de 2027

Le scénario prévoit qu’en 2027, les agents IA fonctionnent en arrière-plan sur les appareils de chacun. Ils écrivent tout le code informatique, gèrent des projets de recherche sur plusieurs semaines et optimisent les dépenses des utilisateurs.

L’IA crée certes de nouveaux métiers (prompt engineers, chercheurs en sécurité IA, techniciens d’infrastructure), mais ils sont moins nombreux et moins bien payés que ceux qu’elle détruit.

Un mouvement Occupy Silicon Valley en 2028 ?

Le scénario va jusqu’à imaginer un mouvement social de type Occupy Silicon Valley, avec des manifestants bloquant les bureaux d’Anthropic et d’OpenAI à San Francisco pendant des semaines.

Les auteurs préviennent que ce scénario n’est pas une prédiction, mais un exercice de réflexion. Ils estiment néanmoins que l’IA transforme déjà le marché du travail à un rythme que les institutions ne suivent pas.

Notre analyse

Ce type d’exercice prospectif a le mérite de poser les bonnes questions. Si les agents IA atteignent effectivement le niveau d’autonomie décrit, la question n’est plus de savoir si le marché de l’emploi sera transformé, mais à quelle vitesse les filets de sécurité sociale pourront s’adapter.