Mind Robotics, la jeune pousse industrielle issue de Rivian, vient de boucler une nouvelle ronde de 400 millions de dollars menée par Kleiner Perkins. Deux mois seulement après une série A de 500 millions, l’entreprise franchit le milliard de dollars levés et atteint une valorisation de 3,4 milliards selon le Wall Street Journal.
Trois rondes en six mois et un cap symbolique franchi
Mind Robotics n’existe officiellement que depuis fin 2025. Le constructeur de pick-up électriques Rivian avait sorti à ce moment-là un projet interne baptisé « Project Synapse », avec une première mise de 115 millions de dollars apportée par le fonds Eclipse. Une série A de 500 millions a suivi en mars 2026. Le tour annoncé hier ajoute 400 millions, et fait grimper la valorisation de 70 % en deux mois.
La ronde est menée par Kleiner Perkins, le vétéran du capital-risque de Menlo Park. Volkswagen, déjà partenaire logiciel de Rivian via une coentreprise, et Salesforce Ventures complètent le tour. Le total levé dépasse désormais le milliard de dollars, un rythme assez rare pour une boîte de robotique industrielle qui n’a pas encore livré son premier produit commercial.
RJ Scaringe veut « réparer » la robotique industrielle
Le patron de Rivian, RJ Scaringe, préside Mind Robotics. Il avait expliqué à TechCrunch en mars qu’il avait monté la société parce qu’il jugeait que les autres startups robotiques n’étaient « pas correctement équipées pour automatiser le travail industriel ». L’idée centrale : construire « une robotique avec des compétences proches de celles d’un humain », sans se limiter à un bras articulé ou à un AMR.
Mind Robotics partage donc le terrain de jeu de Figure AI, 1X, Apptronik ou Mind, à savoir l’usine. Mais avec une approche plus discrète et un avantage clair : un client interne. Les usines Rivian de Normal (Illinois) et de Stanton Springs (Géorgie) servent visiblement de banc d’essai prioritaire avant tout déploiement chez un tiers.
La fièvre des spin-offs robotiques
Cette levée s’inscrit dans un mouvement plus large. Le 11 mai, la société d’investissement RoboStrategy a fait ses débuts au Nasdaq sous le ticker BOT avec un portefeuille de pure players robotiques. Quelques jours plus tôt, Boston Dynamics envoyait Atlas en validation chez Hyundai Metaplant, et 1X allumait sa première usine d’humanoïdes à Hayward, en Californie.
Côté investisseurs, le calcul est simple : un robot industriel ne coûte plus 200 000 dollars à fabriquer mais 30 000 à 50 000, selon une note récente de McKinsey, et le marché potentiel se compte en dizaines de milliards. Kleiner Perkins, qui avait raté le train Figure AI et Apptronik, prend ici sa première participation marquante dans l’humanoïde.
L’effet « PDG en série » de Scaringe
RJ Scaringe ne dirige pas seulement Mind Robotics et Rivian. Il a également contribué à monter Also, une société de micromobilité qui a déjà levé 300 millions. À 43 ans, il commence à ressembler à une version industrielle d’Elon Musk, capable de faire cohabiter plusieurs sociétés financées par des fonds différents autour d’un noyau technologique commun.
Reste la question des produits. Mind Robotics n’a pas encore présenté publiquement de plateforme matérielle. Selon TechCrunch, plusieurs prototypes tournent en interne, mais aucune date de mise sur le marché n’est annoncée. Avec 1 milliard en caisse et la pression d’un investisseur lead comme Kleiner Perkins, les premières livraisons réelles ne devraient toutefois plus tarder.
