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OpenAI ouvre onze postes robotique à San Francisco et revient en direct dans la course aux humanoïdes après avoir investi chez Figure et 1X

Par La Rédaction ⏱ 5 min de lecture

OpenAI affiche actuellement onze offres d’emploi en robotique sur son site carrière, toutes basées à San Francisco. La liste, repérée fin mai 2026 par plusieurs observateurs du secteur, ne ressemble pas à des recrutements de façade. On y trouve un technicien de laboratoire d’impression 3D, un ingénieur en conception d’actuateurs, un ingénieur DAQ Station, un électricien embarqué, un ingénieur d’applications en simulation, un responsable des opérations pour l’acquisition de données, plus plusieurs postes en machine learning et ingénierie logicielle liés à des systèmes de données distribuées.

Le profil des annonces dit beaucoup. Concevoir un actuateur, monter une station DAQ ou opérer un lab 3D, ce n’est pas la même chose que produire un modèle de langage. Cela suppose des bancs d’essai, des chaînes d’acquisition de capteurs, des cycles de fabrication mécanique et une infrastructure de simulation capable de transformer du bruit physique en jeu de données exploitable. Un chatbot peut se tromper et corriger sa réponse. Un robot doit comprendre la pièce avant de bouger.

OpenAI avait fermé sa division robotique en 2021

Le retour n’est pas anodin. La société avait sabordé sa première équipe robotique au début de la décennie, après avoir conclu qu’elle ne disposait pas d’assez de données réelles pour entraîner des systèmes utiles à grande échelle. Le contexte a changé. Les modèles vision-langage sont devenus nettement plus robustes, les capteurs ont baissé en prix, les simulateurs comme Isaac Lab ou MuJoCo gèrent désormais des comportements physiques crédibles, et la guerre des talents dans la robotique humanoïde fait flamber les salaires des ingénieurs en perception et contrôle bas niveau.

OpenAI n’avait pas pour autant quitté le secteur. Sa filiale OpenAI Startup Fund avait mené en 2023 le tour Série A2 de 23,5 millions de dollars chez 1X Technologies. Elle est ensuite entrée en 2024 dans la levée de 675 millions de dollars de Figure AI, aux côtés de Microsoft, Nvidia et Jeff Bezos. La même année, l’entreprise recrutait Caitlin Kalinowski, ex-cadre matériel chez Meta, pour piloter des partenariats robotique et les questions d’IA physique.

La démission de Caitlin Kalinowski change la donne

Caitlin Kalinowski a démissionné en mars 2026 après avoir alerté en interne sur les travaux d’OpenAI pour le Pentagone et sur l’absence de garde-fous concernant la surveillance et l’autonomie létale. Cette sortie ne remet pas en cause le retour de la robotique chez OpenAI, mais elle en change la coloration. Quand un modèle quitte le navigateur pour entrer dans une machine qui se déplace dans un entrepôt, un domicile ou un environnement militaire, la gouvernance devient une caractéristique du produit, pas un sujet de communication à part.

L’arrivée des nouveaux ingénieurs, qui touchent tous au cœur dur de la robotique, suggère qu’OpenAI ne se contentera plus du rôle d’investisseur. Financer Figure ou 1X permet d’apprendre par procuration, sans assumer le coût d’un parc d’actuateurs ni le risque industriel d’une chaîne de production. Construire en interne une équipe d’acquisition de données, de simulation et de calibration, c’est un autre engagement. Cela donne à OpenAI les briques nécessaires pour tester comment ses modèles fondateurs se comportent quand ils sont attachés à des contraintes physiques réelles.

Un possible affrontement avec Figure AI et 1X

Le retour direct d’OpenAI crée une tension immédiate avec les startups qu’elle a contribué à financer. Figure AI, qui revendique 350 unités du Figure 03 sorties de son usine BotQ en 120 jours et un premier contrat commercial avec Catalyst Brands pour trier des colis JCPenney à Reno, voit son partenaire historique se positionner sur la même couche logicielle. 1X Technologies, dont l’humanoïde domestique Neo doit arriver chez les particuliers américains, se retrouve dans la même situation.

Le débat clé n’est plus celui du modèle généraliste posé sur un robot, mais celui du système spécialisé entraîné sur des données physiques propriétaires. Concrètement, le contrôle de la boucle données-entraînement-déploiement vaut plus, à long terme, qu’un assistant conversationnel intégré. Une vidéo de robot qui plie une chemise impressionne. Plier mille chemises dans des conditions d’éclairage, de tissu et d’interruptions humaines variables, c’est ce que paient les clients industriels.

OpenAI dispose désormais d’un Hugging Face robotique chez Skild AI, d’un partenaire matériel chez Figure, d’un partenaire grand public chez 1X et de ses propres équipes internes en train de se monter. La question n’est plus de savoir si l’entreprise revient dans la robotique, mais avec quel produit elle sortira en premier. Les profils recrutés laissent imaginer un démonstrateur interne avant un éventuel produit commercial, sans calendrier officiel à ce stade.

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