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Dix-sept pays européens signent un cadre commun pour les robotaxis et veulent rattraper la Chine et les États-Unis

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

L’Europe veut enfin accélérer sur la voiture autonome. Lundi 8 juin, dix-sept ministres européens des transports ont signé une déclaration commune pour soutenir des essais transfrontaliers de véhicules autonomes à grande échelle. Une initiative portée aux côtés du commissaire européen aux Transports durables et au Tourisme, Apostolos Tzitzikostas, qui marque une rupture avec la mosaïque de règles nationales jugée responsable du retard du continent.

Un cadre commun pour sortir du patchwork réglementaire

La France, l’Allemagne et l’Italie figurent parmi les signataires, aux côtés de l’Autriche, la Belgique, la Croatie, Chypre, la Tchéquie, l’Estonie, la Finlande, la Grèce, la Hongrie, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède. Concrètement, ces pays vont travailler sur des principes d’homologation partagés et des procédures de permis coordonnées, tout en lançant des projets d’essais à grande échelle.

Le problème que cherche à régler Bruxelles est connu. Jusqu’ici, chaque pays imposait ses propres permis de test, ses procédures d’agrément et ses exigences sur les routes et les données. Résultat : il était presque impossible pour un opérateur de déployer un service au-delà d’une seule frontière. L’initiative cible en priorité les transports publics, le fret et la logistique.

Un retard de sept ans sur la Chine et les États-Unis

Le constat est sévère. Les essais de véhicules autonomes arrivent en Europe avec environ sept ans de retard sur le calendrier initial. Pendant ce temps, les flottes de taxis sans chauffeur tournent déjà à grande échelle ailleurs. Waymo, filiale d’Alphabet, exploite près de 3 000 véhicules dans une douzaine de villes américaines. Le chinois Apollo Go, filiale de Baidu, affiche une flotte comparable répartie sur 27 villes chinoises et Dubaï. Pony.ai compte environ 1 700 véhicules et vise 3 500 d’ici fin 2026, tandis que WeRide en exploite près de 1 000.

Les premiers marchés européens se dessinent

Plusieurs villes se positionnent déjà. Zagreb fait figure de pionnière : Uber y a lancé l’un des premiers essais européens le 8 avril, en partenariat avec le chinois Pony.ai et la startup croate Verne, avec une dizaine de taxis autonomes. Londres prépare de son côté l’arrivée de trois opérateurs cette année, Waymo, Wayve associé à Uber, et Apollo Go.

Ailleurs, WeRide a annoncé un essai avec Uber à Madrid, Munich accueillera des robotaxis propulsés par le chinois Momenta, et la Suisse teste Apollo Go avec La Poste suisse. Stellantis et Pony.ai préparent un essai au Luxembourg. Le même jour, Uber et la startup britannique Wayve ont ouvert une liste d’attente publique pour des courses autonomes à Londres, une première pour le public britannique.

La présence massive d’acteurs chinois sur le sol européen interroge. Faute de champions locaux capables de rivaliser à cette échelle, l’Europe risque d’ouvrir son marché à des technologies extra-européennes avant d’avoir bâti les siennes. Le cadre signé lundi vise au moins à ce que les essais ne s’arrêtent plus à chaque frontière.

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