Chine et Asie

GigaAI envoie 100 humanoïdes SeeLight S1 dans de vrais foyers chinois pour leur apprendre les corvées du quotidien

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Faire un salto arrière impressionne. Retrouver des chaussettes, les plier et les ranger est bien plus difficile. C’est ce constat qui résume le pari de GigaAI, une entreprise basée à Wuhan qui vient de déployer ses cent premiers humanoïdes SeeLight S1 dans de vrais foyers chinois. Il s’agit du premier test domestique à grande échelle d’un robot polyvalent conçu pour la maison.

Du démo soigneusement chorégraphié à la corvée réelle

Dans un appartement témoin à Wuhan, deux SeeLight S1 ont enchaîné les tâches ménagères. Selon Global Times et China Daily, l’un a préparé le petit-déjeuner en sortant les aliments, en réchauffant du poulet au micro-ondes, en débarrassant la table et en chargeant le lave-vaisselle. L’autre a vidé un sèche-linge, plié des vêtements et les a rangés dans une armoire.

D’après GigaAI, les robots ont appris ces gestes en moins d’un mois d’entraînement sur site. Le chercheur en chef et cofondateur Zhu Zheng résume la différence avec les vidéos acrobatiques qui dominent les réseaux sociaux. Selon lui, danser ou faire des sauts relève surtout du « cervelet » du robot, alors que les tâches domestiques dépendent de son « cerveau ».

Pourquoi la maison est plus dure que l’usine

Une usine est structurée et prévisible. Un foyer ne l’est pas. Les meubles bougent, les objets traînent à des endroits inattendus, la lumière change au fil de la journée et chaque ménage a ses habitudes. Les chercheurs évoquent le paradoxe de Moravec : des tâches que les humains jugent difficiles, comme les mathématiques avancées, sont parfois plus simples pour une machine que plier du linge ou saisir un objet dans une pièce encombrée.

Le SeeLight S1 tente de répondre à ce défi avec ce que GigaAI appelle un modèle de fondation incarné. Plutôt que de suivre des séquences pré-programmées, le système interprète des instructions en langage naturel, analyse son environnement, élabore un plan puis exécute. La firme affirme que le robot s’adapte quand l’agencement des meubles change et reprend sa tâche même après une interruption.

Encore loin du majordome robotisé

Les démonstrations restent impressionnantes, mais les limites sont réelles. Selon Global Times, certaines tâches sont lentes : ranger quelques livres prend plusieurs minutes, plier un seul vêtement peut demander plus de dix minutes. Le robot a aussi du mal à manipuler des tasses sans renverser de liquide.

Concrètement, le SeeLight S1 actuel ressemble moins à un produit grand public fini qu’à une plateforme de collecte de données destinée à apprendre du réel. GigaAI prévoit déjà un SeeLight S2 plus tard cette année, avec un châssis plus compact, une meilleure autonomie, une portée de bras accrue et des algorithmes plus avancés. L’entreprise compte étendre ses tests à des foyers comptant des personnes âgées et des enfants. La vraie question n’est plus de savoir si un robot peut accomplir des tâches en démonstration, mais s’il peut composer avec le désordre imprévisible du quotidien.

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