OpenAI poursuit sa montée en puissance dans le code. L’entreprise a annoncé jeudi le rachat d’Ona, la société autrefois connue sous le nom de Gitpod, pour intégrer sa plateforme cloud sécurisée à Codex, son agent de programmation. Les termes financiers n’ont pas été divulgués. L’opération doit encore recevoir le feu vert des autorités de la concurrence.

Codex a besoin d’un endroit où tourner
Codex avance vite. OpenAI affirme que plus de 5 millions de personnes l’utilisent chaque semaine, en hausse de 400 % depuis le début de l’année. Les tâches confiées à ces agents s’allongent aussi, passant de quelques minutes à des heures, voire des jours. Or, ces travaux de longue haleine ont besoin d’un environnement persistant pour s’exécuter.
C’est précisément ce qu’apporte Ona : des environnements cloud sécurisés et durables, où un agent continue de travailler après que le développeur a fermé son ordinateur portable. Moderniser une base de code ou corriger toute une catégorie de vulnérabilités ne s’arrête plus quand l’humain se déconnecte.
Le vrai trophée, c’est le contrôle
L’atout majeur n’est pas la vitesse brute mais la maîtrise des données. L’exécution « contrôlée par le client » d’Ona permet aux agents de tourner à l’intérieur du cloud d’une entreprise. OpenAI fournit l’intelligence, le client garde ses données, ses identifiants et sa traçabilité. Un argument taillé pour rassurer les directions informatiques méfiantes. « Les agents ont besoin de plus que d’intelligence, ils ont besoin d’un espace de travail de confiance », résume le PDG et cofondateur d’Ona, Johannes Landgraf.
Ona n’est pas une jeune pousse. Née en Allemagne sous le nom de Gitpod, l’entreprise avait déplacé la programmation des machines locales vers le cloud, avec 2 millions de développeurs revendiqués. Rebaptisée Ona fin 2025, elle s’était reconstruite autour des agents IA avant de rejoindre le géant américain.
Un duel avec Anthropic
Cette acquisition est une bataille pour le marché entreprise. OpenAI court derrière Anthropic, dont l’agent Claude Code a porté une année de croissance spectaculaire. Les deux veulent devenir l’agent auquel les grandes entreprises confient leurs systèmes en production. Le calendrier est chargé : OpenAI a déposé en début de semaine son dossier d’introduction en Bourse, quelques jours après Anthropic.
Ona n’est qu’un achat parmi d’autres. OpenAI a récemment mis la main sur la startup de cybersécurité Promptfoo et, l’an dernier, sur io, la coentreprise matérielle de Jony Ive valorisée 6 milliards de dollars. Chaque rachat comble un manque. Celui-ci vise le plus stratégique pour vendre des agents : les faire tourner là où les clients se sentent en sécurité.