Le Pentagone bascule dans la production de masse des chasseurs autonomes. L’US Air Force a attribué à General Atomics et à Anduril des contrats qui ne portent plus sur le développement, mais sur la fabrication en série de centaines d’avions de combat sans pilote.
Un changement de doctrine assumé
La planification militaire actuelle voit dans la dépendance aux avions pilotés un problème majeur. Un chasseur avec un pilote aux commandes reste supérieur à un appareil autonome, et le restera encore longtemps. Le souci est ailleurs : produire suffisamment d’avions et former assez de pilotes est lent et coûteux. Il suffit de regarder la flotte d’avions d’entraînement que l’Air Force doit entretenir pour alimenter son vivier de pilotes, et la complexité d’un appareil comme le F-35 Lightning II, qui explique pourquoi si peu sont alignés.
Les évaluations de menace montrent que ces appareils, aussi performants soient-ils, ne peuvent pas être produits en nombre suffisant pour un conflit de haute intensité. D’où ces nouveaux contrats.
Du prototype à la chaîne de montage
Dans le cadre du programme Collaborative Combat Aircraft, General Atomics et Anduril doivent transformer leurs prototypes YFQ-42A et YFQ-44A en versions de série, les FQ-42A et FQ-44. L’objectif affiché : 150 appareils construits d’ici 2030, avec une cible de long terme d’environ 1 000 unités. Ces « ailiers loyaux » doivent densifier la masse aérienne en complétant des flottes de chasseurs pilotés, complexes et peu nombreuses, par des plateformes autonomes moins chères et produites en grande quantité.
Le contrat sépare aussi l’achat des avions du développement de leur logiciel, réparti entre une demi-douzaine d’entreprises pour éviter la dépendance à un fournisseur unique. S’y ajoute une exigence devenue habituelle : comprimer les délais de développement de plusieurs années à quelques mois.
Une tendance mondiale
Le scénario se répète aux États-Unis comme en Europe et ailleurs. Les grandes puissances misent sur le réarmement et accélèrent le développement technologique, en particulier sur les drones et les systèmes autonomes. La production de masse d’appareils robotisés n’est plus un horizon lointain : elle entre dans les usines.
