Chine et Asie

Unitree prépare son entrée en Bourse et applique la recette de BYD et DJI pour dominer la robotique mondiale

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Il y a trois ans, Unitree n’était qu’un fabricant de robots-chiens. Aujourd’hui, l’entreprise de Hangzhou domine la conversation mondiale sur les humanoïdes, triple ses revenus chaque année et prépare une entrée en Bourse très attendue. Selon une analyse détaillée du cabinet SemiAnalysis, Unitree applique la recette qui a fait des géants chinois comme BYD et DJI.

Une stratégie de coût quasi imbattable

Unitree affiche des marges brutes de 60 % et prévoit près de 300 millions de dollars de dépenses en recherche IA. Sa force, c’est le prix. L’entreprise a fait passer le tarif avant taxe de son humanoïde phare de plus de 50 000 dollars à 27 300 dollars en 12 à 18 mois. Même à ce niveau, SemiAnalysis estime que le constructeur conserve 67 % de marge brute sur son G1. Certains accords se négocieraient déjà sous les 20 000 dollars.

Robots humanoides Unitree G1 alignes dans une usine chinoise
Illustration RoboActu

Le secret tient dans un choix d’ingénierie. Comme BYD a misé sur la cellule de batterie et DJI sur le contrôleur de vol, Unitree a internalisé l’actionneur, ce joint motorisé qui représente entre 50 et 70 % du coût d’un humanoïde. En maîtrisant ce composant clé et en produisant en interne plus de 90 % de ses moteurs, réducteurs et encodeurs, l’entreprise comprime des coûts que ses rivaux occidentaux peinent à suivre.

Du laboratoire au déploiement réel

Unitree a démarré sur le marché des chercheurs et hobbyistes, là où les laboratoires universitaires cherchaient une plateforme à pattes sans débourser 70 000 à 100 000 dollars. Le robot-chien Laikago est sorti en 2018 à 45 000 dollars. Le A1 a suivi en 2020 à 15 000 dollars, puis le Go1 en 2021 à partir de 2 700 dollars. Le Go2 actuel démarre entre 1 600 et 2 800 dollars selon la finition. Une chute de prix de 94 à 96 % en six ans.

Ce volume accumulé sur les quadrupèdes a servi de tremplin. Quand Unitree a lancé son humanoïde H1 en 2024, autour de 90 000 dollars, la machine n’était pas un produit inédit mais le prolongement direct de la courbe d’apprentissage des robots-chiens. Le G1 a ensuite ouvert un marché immense côté recherche. SemiAnalysis estime qu’il existe aujourd’hui plus de 250 Unitree déployés dans des contextes de travail réel, et que la barre de la viabilité économique est en train d’être franchie.

L’IPO comme moment de bascule

L’entreprise pourrait livrer son 10 000e humanoïde dans les prochaines semaines, alors que Tesla ne commercialise toujours pas Optimus à l’extérieur. Trois nouveaux modèles sont en préparation, dont le H2, présenté comme le concurrent le plus direct des humanoïdes occidentaux.

Unitree garde une réputation contrastée : ses robots ont longtemps été jugés peu fiables, cantonnés au divertissement et à la R&D, et perçus comme bon marché. Mais cette structure de coût pourrait justement devenir son atout décisif. Si l’entreprise débloque des déploiements viables et atteint une masse critique, SemiAnalysis juge que sa croissance pourrait accélérer à une vitesse inédite. Son introduction en Bourse marque, selon le cabinet, la naissance du moment robotique.

🤖 Robots mentionnés dans cet article