AgiBot vient de franchir un cap symbolique pour la robotique chinoise. Le 28 juin, l’entreprise de Shanghai a annoncé la sortie de chaîne de son 15 000e robot, un G2 de qualité industrielle pensé pour les tâches en usine et les environnements opérationnels réels.

De 1 000 à 15 000 unités en un peu plus de deux ans
Fondée en février 2023, AgiBot a enchaîné les paliers de production à un rythme inhabituel pour le secteur. La firme a d’abord mis environ un an pour passer de 1 000 à 5 000 unités. Le tronçon suivant, de 5 000 à 10 000, n’a réclamé que trois mois, soit une cadence multipliée par plus de quatre. Le passage à 15 000 prolonge cette accélération.
Concrètement, AgiBot affirme sortir désormais du stade de la validation produit pour entrer dans une phase de fabrication standardisée et de livraison à grande échelle. C’est précisément ce que beaucoup de constructeurs d’humanoïdes peinent encore à démontrer : produire en série, pas seulement filmer des démonstrations.
Le G2, un robot taillé pour l’usine
L’unité qui marque ce cap n’est pas un prototype de salon. Le G2 est présenté comme un robot d’IA incarnée destiné à des scénarios industriels, là où la répétabilité et la fiabilité priment sur le spectaculaire. La cérémonie de sortie a réuni Yao Maoqing, vice-président senior et président de la division IA incarnée d’AgiBot, aux côtés de Li Long, de Longcheer Technology, un partenaire industriel impliqué dans la production.
« Le déploiement de notre 15 000e robot reflète aussi le mouvement plus large du secteur vers un déploiement à grande échelle dans des conditions réelles », a déclaré Yao Maoqing. Le message est clair : pour AgiBot, la bataille ne se joue plus sur la performance d’un robot unique, mais sur la capacité à en livrer des milliers.
Pourquoi ce chiffre compte
Derrière le compteur d’unités, c’est tout un appareil industriel qui se met en place : portefeuille produit, chaîne d’approvisionnement, fabrication standardisée, livraison d’ingénierie et déploiement sur site. Un robot d’IA incarnée n’est pas un simple objet matériel, il suppose une infrastructure complète pour passer de la maquette à l’atelier.
AgiBot truste par ailleurs le haut du classement chinois des humanoïdes en volumes livrés, devant Unitree. Les deux entreprises caracolent en tête d’un marché que la Chine domine déjà, avec une part majoritaire de la chaîne d’approvisionnement mondiale en composants. Pendant que les laboratoires américains affinent leurs modèles, les industriels chinois remplissent les usines. Cette divergence de stratégie pourrait peser lourd dans les années qui viennent.