La fusion devient officielle
xAI n’existe plus. Le 6 juillet 2026, Elon Musk a officialisé le rebranding complet de son laboratoire d’intelligence artificielle en SpaceXAI, cinq mois après le début du processus de fusion avec SpaceX. Le compte X de la société affiche désormais @SpaceXAI, le site xai.com arbore le nouveau logo qui combine les identités visuelles des deux entités, et les demandes de dépôt de marque révèlent des ambitions claires : centres de données orbitaux, services de calcul en orbite et logiciels IA.
We are now @SpaceXAI pic.twitter.com/ema66xDWC9
— SpaceXAI (@SpaceXAI) July 6, 2026
La chronologie de la fusion est dense. En février 2026, SpaceX a acquis xAI dans le cadre d’un accord tout-actions dont la valeur aurait atteint 1 250 milliards de dollars, faisant du laboratoire fondé en 2023 une filiale à part entière. En mai, Musk annonçait que xAI cesserait d’opérer comme entité indépendante. En juin, SpaceX, xAI et la plateforme X sont entrés en Bourse simultanément, avec des actions clôturant à 161 dollars pour une valorisation combinée de 2 100 milliards de dollars. Le tout s’appelle désormais SpaceXAI.
Des datacenters dans l’espace
La logique derrière cette consolidation tient en une phrase de Musk : la demande mondiale d’électricité pour l’IA ne peut tout simplement pas être satisfaite par des solutions terrestres. La réponse proposée par SpaceXAI est radicale : déplacer les centres de données en orbite. Avant la finalisation de la fusion, xAI avait déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission pour le lancement d’un million de satellites destinés à cet usage. Le chatbot Grok et la plateforme X font désormais partie de ce même ensemble.
En termes d’infrastructure IA, SpaceXAI veut ainsi contourner les contraintes qui freinent les autres acteurs : foncier, énergie, eau, raccordements. L’orbite basse n’a pas ces problèmes. Elle en a d’autres, notamment le coût, la latence et la fiabilité, mais Musk parie que ses lanceurs réutilisables Falcon 9 et Starship offrent un avantage compétitif décisif pour les rendre viables.
Un F au classement mondial de la sécurité
Le lendemain du rebranding, la Future of Life Institute publiait son AI Safety Index semestriel, et les résultats pour SpaceXAI sont cinglants. L’entreprise obtient un F, rejoignant dans les bas-fonds du classement DeepSeek (Chine) et Mistral (France). C’est une chute marquée : xAI pointait encore à la quatrième place du classement précédent.
Le reste du tableau n’est guère brillant non plus. Anthropic conserve la tête avec un C+, devant OpenAI (C, en recul par rapport à son précédent C+) et Google DeepMind (C). Meta améliore sa note de D à D+. Le panel d’experts note que les trois premiers de la liste ont tous assoupli ou abandonné des engagements antérieurs sur l’arrêt du développement face à certains risques, et ont élargi leur tolérance aux usages militaires.
Max Tegmark, cofondateur et président de la Future of Life Institute, tire la leçon géopolitique : « Le fait que les pires scores viennent de trois continents différents montre que c’est un problème mondial. » Il se dit toutefois « prudemment optimiste », citant l’AI Act européen, les règles chinoises entrant en vigueur ce mois-ci et une administration américaine plus attentive aux risques. Pour SpaceXAI, entre une valorisation de 2 100 milliards de dollars et un F en sécurité, le défi d’image est réel.