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Holiday Robotics lève 103 millions de dollars : la Corée du Sud entre dans la course aux robots industriels avec FRIDAY

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La Corée du Sud vient de placer une mise de poids dans la course mondiale aux robots humanoïdes. Holiday Robotics, une startup basée à Séoul, annonce une levée de fonds record de 155 milliards de wons, soit environ 103,4 millions de dollars, en Series A. C’est la plus grande Series A jamais réalisée par une startup coréenne, et la plus importante pour un spécialiste des robots humanoïdes dans le pays.

FRIDAY : les mains avant les jambes

Le produit phare de l’entreprise s’appelle FRIDAY. Ce n’est pas un humanoïde bipède classique qui court ou saute pour impressionner. FRIDAY est un robot à roues doté de 64 degrés de liberté, conçu pour une seule ambition : manipuler des objets avec une précision proche du geste humain dans un environnement industriel réel.

Le pari de Holiday Robotics est clair. Plutôt que de gaspiller de l’énergie et de la complexité mécanique pour reproduire la marche humaine, la société mise sur la dextérité des bras. C’est là que se gagnent les tâches répétitives en usine : vissage, tri, assemblage, inspection. Des gestes qui brûlent les opérateurs humains sur le long terme.

Robot FRIDAY de Holiday Robotics lors d'une démonstration industrielle
Crédit : AIBot Hub / Holiday Robotics

Une approche hybride contre le chaos de la vraie vie

L’architecture logicielle de FRIDAY s’appelle VLS : Vision-Language Skills. Le principe est simple à comprendre. Un modèle de vision-langage décide de quoi faire face à une situation imprévue, mais c’est un stock de gestes préprogrammés et fiables qui prend en charge comment l’exécuter. Résultat : un robot capable de s’adapter à l’imprévu sans sacrifier la constance qu’exige une ligne de production.

Holiday Robotics développe aussi son propre environnement de simulation, baptisé « Holiday Sim ». L’objectif est de réduire le gouffre entre les performances en simulation et celles dans le monde réel, un problème chronique qui ralentit tous les roboticiens. La société mise sur une modélisation précise des contacts avec des matériaux mous, notoirement difficiles à simuler dans les moteurs physiques standards.

Un fondateur qui connaît les usines

La trajectoire du fondateur Kiyoung Song n’est pas anodine. Il a fondé Sualab en 2013, une entreprise d’inspection visuelle par IA pour l’industrie manufacturière, avant de la céder à l’Américain Cognex. Il revient donc en terrain connu, mais avec des ambitions bien plus larges.

Le tour de table réunit une base impressionnante d’investisseurs : Stonebridge Ventures, Atinum Investment, IMM Investment, KB Investment, Goodwater Capital, BonAngels Venture Partners, et deux institutions financières publiques coréennes, la KDB (Korea Development Bank) et l’IBK (Industrial Bank of Korea). La présence de ces deux banques signale une ambition industrielle soutenue par l’État.

Un plan de montée en puissance rapide

Les objectifs de production sont agressifs. Holiday Robotics vise 100 unités livrées à ses premiers clients d’ici fin 2026, puis 1 000 unités annuelles en 2027. La société est déjà en discussions de preuve de concept avec des acteurs de l’automobile et de la fabrication.

La Corée du Sud ne choisit pas le chemin le plus facile en entrant dans cette course face à des géants chinois comme Unitree ou UBTECH. Mais le pays a un atout sérieux : une industrie manufacturière exigeante à portée de main, et une tradition de robotique industrielle solide. FRIDAY n’a pas besoin de marcher pour tenir ses promesses. Il lui suffit de travailler.

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