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PixVerse lève 439 millions et dépasse les 2 milliards de valorisation : la génération vidéo IA s’installe dans le grand jeu

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture
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Illustration RoboActu

La startup singapourienne PixVerse vient de boucler une extension de série C à 439 millions de dollars, avec Alibaba parmi les nouveaux investisseurs. Sa valorisation dépasse désormais les 2 milliards. Avec 150 millions d’inscrits et OpenAI sorti du marché après la fermeture de Sora 2, l’entreprise se positionne comme l’un des rares acteurs capables de tenir la barre sur la génération vidéo IA.

439 millions et une constellation d’investisseurs asiatiques

PixVerse a d’abord fermé sa série C initiale en mars 2026, menée par CDH Investments. Bloomberg avait évalué ce premier tour à environ 300 millions de dollars. L’extension annoncée hier porte le total de la série C à 439 millions.

Les nouveaux entrants au capital incluent Alibaba, Lollapalooza Capital, Ivy Capital, Grand Mount Capital, Eastern Bell Capital, Mirae Asset, BlueFocus et CloudAlpha. Les investisseurs historiques iGlobe Partners et Lion X Ventures (fonds OCBC) ont également participé.

La composition du tour est révélatrice : on y trouve à la fois des fonds de capital-risque asiatiques, un géant de la tech (Alibaba), et des acteurs financiers coréens et singapouriens. L’Asie est en train de construire sa propre écosphère de l’IA générative vidéo, en dehors des circuits américains habituels.

Un vide laissé par OpenAI et Meta

Le co-fondateur Jaden Xie ne cache pas son analyse du marché. Selon lui, la génération vidéo de qualité se réduit à quelques acteurs : OpenAI a fermé Sora 2 sans successeur crédible, Meta et Tencent ne parviennent pas à tenir la qualité. Reste donc PixVerse, Kling, et quelques autres.

Ce positionnement est audacieux, mais les chiffres lui donnent un peu de crédit. PixVerse affiche 150 millions d’inscrits et 15 millions d’utilisateurs actifs mensuels. Son tarif d’image-à-vidéo tourne autour de 4,80 dollars par minute de génération, ce qui le place dans le haut de gamme de l’accessibilité.

Trois gammes de produits, un pari sur les world models

La startup propose trois lignes de produits. La série V couvre les usages grand public et les API. La série C vise les workflows professionnels du cinéma et de la publicité. La série R est la plus ambitieuse : ce sont des world models pour le développement de jeux vidéo et la construction de mondes virtuels.

Ce dernier segment est celui que PixVerse présente comme son avantage différenciant. Un world model ne se contente pas de générer des vidéos : il modélise la cohérence physique et narrative d’un environnement dans le temps. C’est la brique manquante entre la génération vidéo et les simulations interactives.

L’essentiel des fonds levés ira à l’expansion géographique et au développement de cette gamme R. Le fondateur Wang Changhu, ancien ingénieur en vision par ordinateur chez ByteDance, a construit une équipe spécialisée dans l’annotation fine des données vidéo. Sa thèse : la différence ne vient pas du volume de données, mais de la manière dont on les étiquette.

Un marché qui se consolide

La génération vidéo IA a traversé un cycle classique : euphorie en 2024-2025, premiers revers opérationnels, puis consolidation. OpenAI sort, Meta temporise. Les acteurs qui ont investi tôt dans l’infrastructure et la qualité se retrouvent en position favorable.

PixVerse n’est pas le seul survivant de ce cycle. Kling (Kuaishou), Runway, et quelques autres tiennent encore. Mais une levée à 439 millions envoie un signal clair : les investisseurs parient que le marché de la vidéo IA va se concentrer rapidement autour d’un nombre réduit de plateformes. Et que la fenêtre pour y entrer se referme.