Chine et Asie

Le puce 950PR de Huawei séduit ByteDance et Alibaba : le défi à Nvidia est lancé

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Huawei vient de franchir une étape décisive dans la course aux semi-conducteurs pour l’IA. Sa nouvelle puce 950PR a passé avec succès les tests chez ses premiers clients, et deux géants de la tech chinoise, ByteDance et Alibaba, s’apprêtent à passer des commandes en volume, selon des sources proches du dossier citées par Reuters.

Une puce conçue pour remplacer Nvidia en Chine

Le contexte est direct : Washington a restreint la vente des puces Nvidia les plus performantes vers la Chine, bloquant notamment l’accès aux H100 et H800. Dans ce vide, Huawei a travaillé plusieurs années sur le 950PR, son nouveau processeur IA de pointe.

La différence avec son prédécesseur, l’Ascend 910C, est significative. Les entreprises privées chinoises avaient boudé ce dernier en raison d’une compatibilité insuffisante avec l’écosystème CUDA de Nvidia, le standard de facto pour l’entraînement des modèles d’IA. Cette fois, Huawei a directement travaillé sur l’interopérabilité avec CUDA, rendant la migration depuis les infrastructures Nvidia nettement plus simple.

750 000 unités prévues pour 2026

Huawei envisage de livrer environ 750 000 unités du 950PR cette année. Les premiers échantillons ont été envoyés aux clients en janvier 2026, la production de masse devant démarrer en avril, pour des livraisons pleine échelle dans la seconde moitié de l’année.

Côté prix, le 950PR sera commercialisé autour de 50 000 yuans (environ 6 900 dollars) par carte avec mémoire DDR classique. Une version premium équipée de mémoire HBM plus rapide sera vendue autour de 70 000 yuans. Des tarifs bien inférieurs à ceux des puces Nvidia équivalentes sur le marché mondial.

ByteDance et Alibaba comme premiers clients de poids

L’adhésion de ByteDance, qui opère TikTok et d’immenses infrastructures d’IA générative, et d’Alibaba, pilier du cloud chinois avec Alibaba Cloud, est un signal fort. Ces deux groupes avaient précédemment exprimé des réticences à s’appuyer massivement sur les puces Huawei faute de performances comparables à Nvidia. Le fait qu’ils sautent le pas avec le 950PR valide techniquement la puce au plus haut niveau.

L’administration Trump a par ailleurs récemment autorisé la vente de puces H200 vers la Chine, mais avec des conditions qui en limitent les volumes. Dans ce contexte, la 950PR comble un manque réel dans l’industrie technologique chinoise, et Huawei se positionne comme l’alternative nationale crédible à Nvidia pour l’ère de l’IA générative.

Un tournant dans la guerre des semi-conducteurs

Ce développement s’inscrit dans une bataille plus large entre Washington et Pékin pour le contrôle des technologies d’IA. La Chine a clairement décidé de bâtir une filière semi-conducteurs indépendante, et Huawei en est le fer de lance. Si le déploiement du 950PR se confirme à grande échelle, il affaiblirait significativement l’effet des sanctions américaines sur le développement de l’IA en Chine.

Pour Nvidia, cela représente une menace sur son marché chinois, qui pesait encore des milliards de dollars avant les restrictions. La réponse de Jensen Huang et de ses équipes à ce nouvel entrant sera à surveiller dans les prochains mois.