OpenAI prépare son entrée dans le hardware grand public. Selon Bloomberg, l’entreprise travaille sur une enceinte mobile et sans écran, décrite en interne comme un « compagnon IA humanoïde » conçu pour vivre dans les foyers. Le tout, pendant qu’Apple vient de lancer une offensive judiciaire qui pourrait compliquer sérieusement la sortie du produit.
Une enceinte avec une personnalité, pas un assistant vocal de plus
Le projet OpenAI n’est pas un simple concurrent de l’Amazon Echo ou du Google Nest. Les sources de Bloomberg décrivent un appareil radicalement différent : l’enceinte aura une « personnalité », apprendra progressivement qui est son propriétaire, et accédera activement à sa vie numérique, des emails aux calendriers.
L’appareil est également décrit comme ayant des « éléments mécaniques capables de bouger seuls », ce qui suggère quelque chose de plus proche d’un robot de compagnie stationnaire que d’un simple haut-parleur intelligent. L’objectif déclaré est de créer « une manifestation physique de ChatGPT » dans le salon.
Derrière ce projet, on retrouve les architectes d’une partie de l’histoire technologique américaine. OpenAI a recruté des centaines d’anciens ingénieurs Apple, dont Tang Yew Tan, ex-responsable de la conception matérielle chez Cupertino pendant 24 ans, devenu directeur hardware en chef d’OpenAI. Jony Ive, légende du design Apple (iPhone, Mac), a également rejoint le projet via sa startup io, rachetée par OpenAI.
Apple contre OpenAI : des accusations qui lisent comme un thriller d’espionnage
C’est précisément ce recrutement massif qui a déclenché la contre-attaque d’Apple. La semaine dernière, Apple a porté plainte contre OpenAI pour vol de secrets industriels. Les accusations sont cinglantes : candidats recrutés alors qu’ils travaillaient encore chez Apple et dirigés pour exfiltrer des données confidentielles, ordinateurs portables « empruntés » des bureaux d’Apple, et même un message texte « LOL » cité comme preuve d’une conscience des agissements illégaux.
Apple affirme que les actes révélés jusqu’ici ne sont que « la pointe de l’iceberg » et que la procédure de découverte judiciaire révélera d’autres manquements. OpenAI dément tout acte répréhensible et soutient que son produit est « suffisamment différent de tout ce qu’Apple propose sur le marché aujourd’hui » pour ne pas constituer une violation de brevets.
La procédure pourrait durer plusieurs années. Mais elle crée une pression immédiate : chaque décision de design du nouveau produit OpenAI sera scrutée à la loupe par les avocats des deux parties.
La course au hardware IA s’intensifie
OpenAI n’est pas seul à parier sur le hardware comme prochain terrain de l’IA. Hark, la startup fondée par Brett Adcock, a levé 700 millions de dollars en mai à une valorisation de 6 milliards pour développer ce qu’il appelle une « intelligence personnelle », soit des modèles IA propriétaires couplés à du hardware dédié. Le concept est similaire, les approches différentes.
La question centrale reste la même : est-ce que les consommateurs veulent un objet physique pour incarner leur IA, ou préfèrent-ils rester sur leur téléphone ? Amazon et Google ont tous deux tenté cette approche avec des résultats mitigés. Mais OpenAI dispose d’une base d’utilisateurs ChatGPT massive et d’une notoriété de marque que ses prédécesseurs n’avaient pas.
Si l’appareil sort malgré les turbulences judiciaires, il sera l’un des lancements hardware les plus attendus depuis plusieurs années. Le procès avec Apple, paradoxalement, ne fait qu’amplifier l’attention autour du projet.