Le patron de NVIDIA a choisi un sujet de politique industrielle pour son tout premier post sur X. Le 24 juillet 2026, Jensen Huang a publié une lettre ouverte intitulée « Open Weights and American AI Leadership », signée par une vingtaine d’organisations et adressée directement à l’administration Trump. En moins de 24 heures, la coalition avait doublé de taille, avec l’adhésion d’OpenAI et de Google.
Pourquoi Jensen Huang monte au front
Le contexte est tendu. Washington examine depuis plusieurs mois de nouvelles réglementations sur les modèles d’IA avancés, avec un accent particulier sur les modèles en open-weight, c’est-à-dire ceux dont les poids sont téléchargeables librement. Certains cercles politiques y voient un risque de sécurité nationale, notamment face à la concurrence chinoise.
La lettre de Huang défend l’argument inverse. L’IA open-source est présentée comme un atout stratégique pour les États-Unis, pas comme une menace. « Les modèles ouverts renforcent la sécurité, accélèrent l’innovation, et permettent à chaque pays de préserver sa souveraineté technologique. Le monde a besoin à la fois de modèles fermés de pointe et de modèles ouverts de pointe », a-t-il écrit.
35 entreprises derrière la coalition
Les premiers signataires incluent NVIDIA, Microsoft, Meta, IBM, Dell Technologies, Palantir, Hugging Face, Mistral, Andreessen Horowitz, Y Combinator, Perplexity, ServiceNow, CrowdStrike et la Linux Foundation. En moins d’une journée, OpenAI a formellement rejoint la liste, Google l’a publiquement soutenu, Elon Musk s’est déclaré favorable.
De nouveaux noms ont suivi : Cisco, Cohere, GitHub, Fireworks AI, Palo Alto Networks et plusieurs startups IA. Au total, plus de 35 organisations avaient signé ou approuvé la démarche au moment de la rédaction de cet article. Sam Altman d’OpenAI a déclaré vouloir « que les États-Unis réussissent à la fois avec l’open source et avec les modèles propriétaires ».
Un signal fort sur la direction de la politique IA américaine
Cette mobilisation sans précédent du secteur technologique sur un texte politique commun envoie un message clair aux décideurs américains. Elle intervient quelques jours après que Washington a évoqué la possibilité de sanctions contre des modèles IA chinois open-source, notamment ceux de Moonshot AI, pour violation de propriété intellectuelle.
La convergence est notable : des concurrents directs comme OpenAI et Google, des fournisseurs d’infrastructure comme NVIDIA et Microsoft, des acteurs open-source comme Hugging Face et Mistral, tous signent le même document. Quel que soit l’issue de ce lobbying, il marque un tournant dans la façon dont l’industrie IA tente de peser sur sa propre régulation.
