Sur les marches millénaires du mont Tai, un chien-robot quadrupède a rejoint les porteurs humains. Chaque matin, l’engin silver-grey de près d’un mètre de long grimpe les pentes escarpées de ce site de pèlerinage emblématique du Shandong pour livrer des bouteilles d’eau, puis redescend chargé des déchets produits par les milliers de visiteurs quotidiens.
30 à 45 kg sur 45 degrés de pente
La machine transporte entre 30 et 45 kilogrammes par trajet, soit environ la charge habituelle d’un porteur humain. Sous conditions statiques, elle peut supporter jusqu’à 120 kilogrammes. Ses caméras haute résolution, son LiDAR et plusieurs capteurs lui permettent de détecter les obstacles et de progresser sur des pentes atteignant 45 degrés, parmi les touristes qui s’arrêtent souvent pour la photographier.
L’autonomie d’une batterie atteint quatre à six heures. Grâce aux remplacements rapides de batterie, le robot reste en service toute la journée. Wang Yunpeng, responsable du site, résume l’intérêt de la chose : « Le chien-robot devrait réduire considérablement la pénibilité physique tout en améliorant l’efficacité. »
Partie d’un projet plus large : Smart Mount Tai
Ce déploiement s’inscrit dans l’initiative « Smart Mount Tai » lancée par les gestionnaires du site. Le mont Tai génère environ 24 000 tonnes de déchets par an, une collecte qui reposait jusqu’ici quasi exclusivement sur le travail manuel dans un environnement difficile d’accès.
L’année dernière, le site avait déjà introduit des exosquelettes d’assistance à la montée propulsés par IA. Chaque dispositif pèse 1,8 kilogramme et réduit de plus de 30 % l’effort physique des grimpeurs. Un système de gestion intégré connecte l’IA et l’internet des objets pour superviser l’ensemble du site.
Un signal pour le tourisme et les sites naturels contraignants
Le mont Tai est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et attire plusieurs millions de visiteurs par an. Ses marches de pierre, souvent très raides, ont rendu les porteurs indispensables depuis des siècles. La même contrainte géographique complique la collecte des déchets et la logistique d’approvisionnement.
Wang Liang, touriste venu de Qingdao, a posé à côté du robot et espère que des mises à jour permettront bientôt à la machine d’apporter un soutien encore plus large au tourisme local. Concrètement, ce déploiement ouvre la voie à des applications similaires sur d’autres sites naturels chinois difficiles d’accès, voire à une commercialisation de ce type de solution logistique autonome à l’échelle nationale.
