PsiBot lève plus de 100 millions de dollars pour la manipulation robotique

Robot humanoïde PsiBot présenté avec ses mains de manipulation
PsiBot développe des modèles et des robots destinés à la manipulation adroite en environnement industriel.

PsiBot a bouclé un tour de financement de plus de 100 millions de dollars pour accélérer ses travaux sur la manipulation robotique. La société chinoise prévoit d’investir dans ses modèles du monde, la collecte de données issues d’opérateurs humains et des déploiements en logistique et dans la fabrication avancée.

Le tour réunit plusieurs groupes industriels et financiers chinois : Ningbo Tuopu Group, un fonds soutenu par Chery Holdings, Lens Technology, 37 Interactive Entertainment, Wuhu Investment Holding Group et Fosun Fortune Capital. L’actionnaire existant Zhuhai Technology Industry Group remet également au pot.

Relier raisonnement et actions physiques

PsiBot concentre son travail sur la manipulation adroite, c’est-à-dire la capacité d’un robot à saisir, déplacer et utiliser des objets variés. L’entreprise décrit une architecture à deux systèmes. Le modèle Psi-R2 produit les politiques d’action, tandis que Psi-W0 sert de modèle du monde conditionné par l’action afin d’anticiper l’effet d’un mouvement.

Cette séparation cherche à combiner deux besoins difficiles à réunir : choisir une action à partir d’une consigne et prévoir ce qu’elle provoquera dans une scène physique. PsiBot ne publie toutefois pas encore, avec l’annonce financière, de benchmark indépendant permettant de comparer cette architecture à d’autres modèles robotiques.

La collecte de données humaines forme le deuxième pilier. Les gestes d’opérateurs peuvent fournir des trajectoires, des corrections et des exemples de manipulation que le robot ne découvrirait pas facilement seul. La qualité de ces données, leur diversité et la manière de les transférer entre plusieurs morphologies compteront autant que leur volume.

La logistique et l’usine comme premiers terrains

Les fonds doivent aussi soutenir des déploiements en logistique et dans la fabrication avancée. Ces environnements offrent des tâches répétables, mais imposent une forte disponibilité et une manipulation fiable d’objets parfois proches sans être identiques. Une démonstration réussie ne suffit donc pas : le système doit maintenir sa précision pendant des milliers de cycles.

Le site de PsiBot présente une chaîne plus large comprenant simulation, données, modèles et futurs robots. Il cite notamment les projets PsiBot V1, H1 et DC1, sans donner dans cette annonce de calendrier commercial ni de volumes. Le financement doit permettre de rapprocher ces briques d’une exploitation industrielle.

L’arrivée d’investisseurs issus de l’automobile, des composants et de l’électronique peut faciliter l’accès à des sites pilotes et à des chaînes d’approvisionnement. Elle ne garantit pas pour autant une production à grande échelle. Les prochains indicateurs utiles seront le nombre de robots réellement installés, les tâches couvertes, le taux d’intervention humaine et les performances sur des objets nouveaux.

Avec plus de 100 millions de dollars, PsiBot dispose désormais de moyens importants pour tester son approche hors laboratoire. La portée de l’opération se jugera sur sa capacité à convertir modèles, données et prototypes en cellules robotiques dont la fiabilité et le coût répondent aux contraintes de l’industrie.

Sources : PsiBot ; TechNode ; présentation technologique de PsiBot.

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