La jeune pousse Helicon Industries sort de la discrétion avec un financement d’amorçage de 16 millions de dollars. L’entreprise de Los Angeles construit des cellules robotisées pour produire en volume des pièces en matériaux composites, d’abord pour les drones et d’autres systèmes autonomes.
Le tour de table est mené par AlleyCorp. Helicon veut réduire à environ deux semaines des délais de fabrication qui peuvent dépasser six mois dans les composites. La société prépare un site de 36 000 pieds carrés, soit environ 3 345 m², à Torrance en Californie.
Automatiser un procédé encore très manuel
La fibre de carbone combine rigidité et faible masse, mais sa transformation reste difficile à automatiser. Les textiles sont souples, les formes complexes et les contrôles qualité exigeants. Dans les procédés traditionnels, des opérateurs placent la matière dans un moule avant l’ajout ou la cuisson de la résine.
Helicon affirme concevoir ensemble le matériau, le procédé et la cellule robotique. Les robots doivent pouvoir saisir la matière de façon répétable, la placer, extraire la pièce, puis prendre en charge la découpe et l’inspection. L’entreprise vise des cycles inférieurs à quinze minutes, contre plusieurs heures pour certaines méthodes de drapage et d’autoclave.
Edmundo Sanz-Gadea, cofondateur et directeur technique, a travaillé sur des drones autonomes et à l’ETH Zurich sur le transfert d’objets entre un quadrupède ANYbotics et une personne. Avec le directeur général Alex Niehaus, il applique désormais cette expérience à l’automatisation de la production.
Des pièces plus légères pour les robots et les drones
Les premiers marchés visés comprennent l’aérospatial, la défense et les systèmes sans pilote. Helicon cite aussi la robotique, la logistique et le maritime. Selon l’entreprise, ses composites peuvent offrir une rigidité supérieure à celle de l’aluminium avec une masse réduite de 40 %, ce qui peut augmenter l’autonomie, la charge utile ou permettre d’utiliser des actionneurs plus petits.
Le pari consiste à répondre au passage délicat du prototype à la série. Une équipe peut fabriquer manuellement quelques dizaines de pièces, mais rencontre rapidement un problème de capacité lorsqu’un contrat exige plusieurs milliers d’unités. Helicon veut fournir cette étape industrielle sans demander au client de bâtir lui-même une usine spécialisée.
La levée finance l’installation de production et des recrutements en mécanique, structure, logiciel, robotique et opérations. L’entreprise travaille également avec plusieurs fournisseurs de matériaux afin de sécuriser les volumes nécessaires.
Le projet reste jeune et ne publie pas encore de cadence de production vérifiée. Son intérêt tient à l’approche retenue : la robotisation n’est pas ajoutée à la fin sur un procédé conçu pour des opérateurs. Elle structure dès le départ le choix des matériaux, les gestes, les contrôles et l’organisation de l’usine.
Sources : Helicon Industries, The Robot Report et AlleyCorp.

