JAKA Robotics présente deux nouvelles machines à la China International Industry Fair, qui ouvre le 12 octobre à Shanghai : Kargo50, un robot mobile à torse humanoïde destiné à la manutention lourde, et Zu50, un bras collaboratif capable de porter 50 kg. Le constructeur vise des opérations industrielles coordonnées plutôt que des démonstrations isolées.
Le Kargo50 étend la gamme mobile Kargo vers le transport de bacs et de composants entre postes de production. JAKA ne publie pas encore sa charge utile, son autonomie ni ses dimensions sur son site anglophone. Cette absence de fiche détaillée impose de distinguer le lancement commercial annoncé des performances qui devront encore être vérifiées en exploitation.
Un cobot de 50 kg et 2,1 mètres de portée
Le Zu50 occupe le haut de la gamme de bras collaboratifs JAKA. Selon les caractéristiques relayées lors du lancement, il offre une charge utile de 50 kg et une portée de 2 100 mm. Le constructeur annonce aussi une vitesse d’axe en hausse pouvant atteindre 50 %, grâce à de nouveaux modules d’articulation intégrant entraînement et commande à forte densité de puissance.
Ce niveau de charge rapproche le cobot de tâches habituellement confiées à des robots industriels plus massifs : manutention de pièces, alimentation de machines ou manipulation d’ensembles lourds. La qualification de « collaboratif » ne dispense toutefois pas d’une évaluation de risques pour chaque cellule. Charge, vitesse, outil et environnement déterminent les mesures de sécurité réellement nécessaires.
Kargo50 doit relier les postes de la cellule
JAKA met surtout en avant l’association de plusieurs robots. Sur son stand, deux plateformes mobiles travaillent en séquence autour d’un moteur : la première transporte la pièce jusqu’à une position définie, la seconde réalise une opération de vissage, puis les deux reviennent à leur point de départ. La démonstration cherche à illustrer une cellule dans laquelle transport et manipulation sont planifiés comme un seul processus.
Le système repose sur JAKA EVO, la plateforme d’intelligence incarnée lancée par l’entreprise en 2025. La couche supérieure interprète l’objectif et découpe la mission, tandis que les contrôleurs des robots exécutent les mouvements et renvoient leur état. Cette architecture doit réduire le nombre de scénarios codés séparément, mais JAKA ne fournit pas encore de résultats indépendants sur la robustesse de cette coordination sur de longues séries.
Le constructeur s’appuie sur le retour d’expérience du plus petit Kargo10, déjà utilisé selon lui dans des usines de composants automobiles et d’électronique. JAKA affirme avoir réduit son temps de cycle par bac de 105 à 28 secondes après des ajustements sur les lignes clientes. Ces chiffres proviennent de l’entreprise et ne constituent pas une comparaison normalisée entre installations.
Une offre tournée vers la production, encore incomplètement documentée
Le lancement associe donc deux briques complémentaires : un robot mobile pour déplacer les charges et un bras collaboratif lourd pour agir sur les pièces. La proposition est cohérente avec la recherche actuelle de cellules plus flexibles, où les équipements peuvent être réaffectés lorsque les séries changent.
Le Zu50 dispose déjà d’une présence dans le catalogue officiel de JAKA et d’un visuel produit dédié. Le Kargo50 reste moins documenté au moment de l’ouverture du salon. Les informations décisives seront sa charge utile réelle, son autonomie, ses dispositifs de sécurité et les premiers déploiements clients. Sans elles, la démonstration de Shanghai montre une direction industrielle, mais pas encore le coût ni la disponibilité d’une cellule complète.
Sources : catalogue officiel JAKA Robotics et couverture de la CIIF par Pandaily, fondée sur Shanghai Securities News et Jiemian News.
