Chine et Asie

AGIBOT déclare 2026 « année zéro du déploiement » et dévoile cinq robots et huit modèles d’IA à Shanghai

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

AGIBOT a fait un gros coup d’accélérateur à sa conférence partenaires de Shanghai, le 17 avril 2026. La pépite chinoise de l’IA incarnée a dévoilé cinq nouvelles plateformes robotiques et huit modèles d’IA fondation, en revendiquant 2026 comme « l’année zéro du déploiement » à l’échelle commerciale.

Les cinq nouvelles plateformes robotiques et huit modèles IA dévoilés par AGIBOT à l'APC 2026
Illustration RoboActu

Une architecture « un corps, trois intelligences »

AGIBOT a structuré son discours autour d’un concept : « un corps robotique, trois intelligences ». Comprendre : même plateforme matérielle, trois couches logicielles qui gèrent respectivement le mouvement, la décision et l’interaction. L’idée est de sortir des démos spectaculaires pour proposer des machines capables de tenir un poste en continu.

Le vaisseau amiral de la gamme s’appelle A3. L’humanoïde mesure 1,73 mètre pour 55 kilos, dans une structure en magnésium-titane qui lui permet de tenir la légèreté d’un adolescent. Son autonomie nominale est de 10 heures de fonctionnement continu, et le changement de batterie prend dix secondes. Un paramètre devenu clé pour les industriels qui veulent faire tourner les robots 24 heures sur 24.

Cinq plateformes, chacune son terrain

À côté de l’A3, AGIBOT a présenté quatre autres machines qui couvrent des cas d’usage distincts. Le G2 Air est un robot mono-bras pensé pour travailler à côté des humains dans des bureaux ou des postes d’assemblage étroits : il apprend en temps réel en enregistrant son environnement et ses actions. Le D2 Max est un quadrupède de niveau 3 autonome, selon la terminologie employée par l’entreprise, capable de patrouiller et d’inspecter seul des terrains difficiles.

Côté préhension, AGIBOT pousse la nouvelle génération OmniHand 3. Le modèle haut de gamme Ultra-T reproduit quasiment tous les mouvements d’une main humaine, tandis que l’OmniHand 3 Lite et l’OmniPicker 3 ciblent les tâches lourdes, les charges importantes et les cadences industrielles soutenues. Le groupe revendique d’être « la seule entreprise à proposer une gamme complète couvrant humanoïdes, plateformes roulantes et formats multi-usages ».

Huit modèles pour passer des tours de magie au travail utile

Le gros du discours a porté sur la partie logicielle. AGIBOT détaille huit modèles d’IA dont quatre ressortent clairement. Le Behavioral Foundation Model (BFM) permet au robot de copier un geste humain à partir d’une vidéo courte. Le GCFM gère la réaction en temps réel à la voix ou au mouvement de l’utilisateur, pour rendre les interactions plus naturelles.

Pour les tâches complexes, le jumeau numérique Genie Sim 3.0 entraîne les robots dans un monde virtuel avant de les lâcher dans le réel. Et le modèle WITA Omni ajoute une couche de compréhension émotionnelle pour la conversation. Tout ce corpus s’appuie sur AGIBOT WORLD 2026, un dataset de situations domestiques et industrielles que le constructeur présente comme sa réserve stratégique.

« Année zéro » du déploiement à grande échelle

La formule est nette : AGIBOT positionne 2026 comme l’année où l’IA incarnée bascule du prototype à la productivité mesurable. C’est aussi une réponse aux sceptiques qui rappellent que, malgré les shows, les humanoïdes peinent encore à se glisser dans un poste de production. Le groupe a diffusé récemment un livestream de huit heures montrant son robot G2 travailler en continu sur une ligne d’assemblage de tablettes à Nanchang, avec un taux de succès revendiqué de 99,5 %.

Côté distribution, AGIBOT s’appuie sur le système MEgo pour collecter la donnée terrain chez ses clients et accélérer l’apprentissage. L’objectif affiché : passer des magasins et entrepôts pilotes à un déploiement de masse, d’abord en Chine puis à l’export. L’entreprise a revendiqué 10 000 humanoïdes produits depuis le lancement, un jalon que peu de concurrents peuvent afficher aujourd’hui.

Reste à savoir si le marché suivra. Les industriels chinois réclament des robots qui tiennent plus que quelques heures par jour, s’adaptent vite aux changements de référence produit et restent rentables à l’usage. C’est sur ce terrain-là, pas sur celui des démos spectaculaires, que se jouera l’année zéro promise par AGIBOT.