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Allen Control Systems lève 200 millions de dollars pour son canon anti-drone autonome Bullfrog déjà utilisé par l’armée américaine

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

La start-up américaine Allen Control Systems (ACS) vient de lever 200 millions de dollars en série B, une opération qui valorise l’entreprise à 2,2 milliards de dollars. Le tour de table, mené par Smash Capital, doit servir à industrialiser et déployer plus vite Bullfrog, son système anti-drone entièrement autonome destiné à l’armée américaine et à ses alliés.

Un canon intelligent contre la menace des drones

Bullfrog est conçu comme une station d’arme autonome qui exécute l’intégralité de la chaîne tactique : détection passive, suivi de la cible, puis engagement final. Le système s’appuie sur des modèles d’intelligence artificielle pour repérer et viser des drones ou d’autres menaces, en particulier les engins aériens de classe Groupe 3, des appareils de taille moyenne devenus omniprésents sur les théâtres d’opérations récents.

L’argument commercial d’ACS repose sur le coût. Face à la prolifération de drones bon marché, intercepter chaque menace avec des missiles à plusieurs centaines de milliers de dollars n’est pas tenable. Un système qui neutralise les cibles avec des munitions cinétiques classiques, guidées par l’IA, change l’équation économique du champ de bataille.

Déjà déployé chez l’armée américaine

ACS n’en est pas au stade du prototype. L’entreprise a décroché des contrats via la Joint Interagency Task Force 401 et auprès de clients militaires alliés. Bullfrog est déjà déployé au sein de l’US Army et de l’US Navy. Lors du Technology Readiness Experiment 2026, l’un des principaux exercices d’évaluation anti-drone du département de la Guerre américain, le système a affiché un taux de réussite de 100 %.

Ces résultats expliquent l’appétit des investisseurs. Le secteur de la défense autonome attire des capitaux massifs depuis que les conflits récents ont démontré le rôle décisif des drones, et la capacité à les contrer est devenue une priorité stratégique pour les états-majors occidentaux.

La course à la défense autonome s’accélère

Avec ces 200 millions de dollars, ACS prévoit d’augmenter sa capacité de production pour répondre à la demande de l’armée américaine et des nations alliées. La levée illustre une tendance de fond : la robotique militaire ne se limite plus aux drones offensifs, elle englobe désormais tout un écosystème de systèmes défensifs capables de réagir en quelques secondes, sans intervention humaine sur la gâchette.

Ce déplacement de la décision vers la machine soulève des questions éthiques que le secteur connaît bien. ACS, comme ses concurrents, met en avant des garde-fous et une supervision humaine dans la boucle. Reste que la valorisation à 2,2 milliards de dollars confirme la conviction des marchés : la défense contre les essaims de drones sera l’un des grands chantiers militaires de la décennie.