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Amazon veut un logiciel qui réaffecte ses ouvriers en temps réel dans ses entrepôts robotisés

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Amazon prépare un nouveau palier dans l’automatisation de ses entrepôts. Après avoir confié aux robots et aux logiciels la circulation des colis, l’entreprise s’attaque désormais à la circulation des humains à l’intérieur de ses centres de distribution.

Entrepôt logistique Amazon rempli de robots orange déplaçant des étagères jaunes
Illustration RoboActu

Selon des documents internes consultés par Business Insider, le groupe teste un système baptisé Full Facility Load Balancing (FFLB). Son rôle : réaffecter automatiquement les employés d’un poste à un autre au fil de la journée, en fonction du volume de colis et de la charge de travail réelle.

Une régulation toutes les trois minutes

Le principe est simple sur le papier. Le logiciel évalue en continu les volumes de colis, les prévisions et d’autres signaux opérationnels, puis recalcule les besoins en personnel environ toutes les trois minutes. Quand une zone se retrouve en sureffectif et qu’une autre manque de bras, le système recommande de déplacer des associés.

L’objectif affiché dans un des documents ne laisse pas de place à l’ambiguïté : « supprimer la dépendance aux décisions de dotation manuelles ». Concrètement, des arbitrages que les managers réglaient jusqu’ici au jugé passeraient sous le contrôle d’un algorithme.

Les chiffres avancés en interne donnent la mesure de l’enjeu. Amazon estime que la technologie pourrait récupérer environ 193 millions de dollars de coûts de main-d’oeuvre par an et économiser près de 7 millions d’heures de travail chaque année.

Le maillon « Container Build » dans le viseur

L’entreprise concentre son attention sur une fonction précise : le Container Build, où des opérateurs placent les colis dans des chariots et des conteneurs avant l’expédition. Ce poste représente une part importante des heures travaillées dans les centres robotisés, ce qui en fait, selon les documents, « la plus grande opportunité d’automatisation du travail » du groupe.

Amazon veut déployer FFLB cette année dans ses entrepôts Amazon Robotic Sortable (ARS), ceux où humains et robots collaborent pour préparer les commandes, des livres aux jouets en passant par les produits du quotidien.

Managers décideurs ou simples relais ?

Interrogé, un porte-parole d’Amazon défend une lecture plus mesurée. La technologie viserait à aider les responsables à réagir plus vite aux changements de conditions, pas à les remplacer. FFLB serait « une extension naturelle » des logiciels existants, et non une rupture. Le porte-parole juge même les économies projetées « inexactes », car fondées sur une modélisation hypothétique plutôt que sur des mesures de productivité individuelle.

« Les managers restent les décideurs, cela leur donne de meilleures informations de manière plus efficace », insiste le groupe. Reste que la trajectoire est claire : après les colis, c’est désormais l’organisation du travail humain qui devient une variable pilotée par le logiciel. Une évolution qui pose, à grande échelle, la question du rôle laissé aux encadrants de terrain dans les entrepôts de demain.