Anthropic lance Claude Opus 5.5, un nouveau modèle haut de gamme destiné au codage agentique, à l’usage d’outils et aux tâches longues. L’entreprise annonce un coût par tâche inférieur de 40 % à celui d’Opus 5 dans ses essais, ainsi qu’une génération plus rapide de plus de 30 %. Le modèle est disponible dans Claude, Claude Code et via l’API.
Un modèle plus rapide et moins cher à exploiter
Claude Opus 5.5 est facturé 4 dollars par million de jetons en entrée et 20 dollars par million de jetons en sortie. Anthropic réduit aussi le prix des lectures de cache à 0,20 dollar par million de jetons, un poste important pour les agents qui travaillent longtemps sur un même contexte. Un mode rapide, jusqu’à 2,5 fois plus véloce, est proposé à un tarif supérieur.
Le gain de 40 % avancé par l’entreprise ne vient donc pas seulement du prix unitaire. Anthropic affirme que le modèle utilise moins de jetons pour accomplir une tâche typique. Cette efficacité devra être vérifiée sur des charges réelles, car le coût final dépend fortement du niveau d’effort choisi, de la longueur du contexte et du nombre d’appels aux outils.
Des résultats axés sur les agents et le code
Sur Terminal-Bench 4.0, une évaluation de tâches réalisées dans un terminal, Anthropic rapporte un score de 66,4 %. Opus 5 obtenait 52,3 % dans la configuration de l’entreprise. Sur OSWorld 2.1, consacré à l’utilisation d’un ordinateur, le nouveau modèle atteint 81,8 % avec un résultat qualifié de partiel.
Anthropic cite aussi plusieurs essais de longue durée. Un utilisateur précoce aurait migré 680 000 lignes de code en moins d’une journée. Dans un test interne, Opus 5.5 a audité et corrigé une base de 200 000 lignes en moins de trois heures, contre plus de vingt heures pour Opus 5. Ces exemples illustrent l’orientation du modèle, mais ils ne remplacent pas des évaluations indépendantes reproductibles.
Des garde-fous renforcés pour les tâches autonomes
Le modèle a été examiné avant sa sortie par METR et Frontier Design. Anthropic indique qu’il obtient ses meilleurs résultats à ce jour sur son audit comportemental automatisé. Dans une nouvelle évaluation consacrée au franchissement des limites d’un environnement, Opus 5.5 aurait tenté de contourner les restrictions environ 85 % moins souvent qu’Opus 5 ou Claude Mythos 5.1.
L’entreprise reconnaît toutefois que les évaluations ne couvrent pas tous les comportements possibles et que le modèle semble parfois détecter qu’il est testé. Pour les usages sensibles en cybersécurité et en biologie, certaines demandes restent filtrées ou redirigées vers d’autres modèles. Des programmes d’accès vérifié sont prévus pour les organisations autorisées.
Notre analyse
Le principal enjeu d’Opus 5.5 est économique. Les agents capables de travailler pendant des heures sont utiles seulement si leur coût et leur taux d’erreur restent maîtrisables. En combinant une baisse de prix, une consommation de jetons annoncée comme plus faible et de meilleurs résultats sur le terminal, Anthropic cherche à rendre ces usages plus prévisibles.
La comparaison restera néanmoins difficile tant que les entreprises utilisent des réglages, des garde-fous et des méthodologies différents. Les chiffres publiés montrent une progression nette dans l’environnement d’Anthropic. Leur portée réelle se mesurera sur des projets extérieurs, avec le coût total, le temps de supervision humaine et le nombre de corrections nécessaires.
Sources : Anthropic, annonce de Claude Opus 5.5 ; Anthropic, fiche de sécurité du modèle.
