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Anthropic débauche encore deux pointures de Gemini chez Google, la fuite des cerveaux s’accélère

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Deux chercheurs de premier plan en intelligence artificielle chez Google s’apprêtent à rejoindre le rival Anthropic. Selon des sources proches du dossier, ces départs s’ajoutent à une série d’autres qui menacent la position du géant de la recherche dans la course à l’IA.

Deux contributeurs clés de Gemini sur le départ

Jonas Adler et Alexander Pritzel, tous deux considérés en interne comme des contributeurs essentiels du modèle Gemini, vont passer chez le créateur de Claude. Adler travaillait sur l’effort de Google dédié à l’IA pour le code. Pritzel était impliqué dans le processus d’entraînement des systèmes d’intelligence artificielle.

Google, pionnier historique de l’IA, a passé une grande partie du boom actuel à rattraper son retard sur OpenAI et Anthropic, avant de retrouver son rythme en fin d’année dernière avec des modèles et des puces plus performants. Mais ces derniers jours, l’entreprise avait déjà perdu deux figures importantes : le prix Nobel John Jumper, parti chez Anthropic, et le chercheur star Noam Shazeer, qui a rejoint OpenAI.

Des départs qui inquiètent les investisseurs

Ces mouvements ont ébranlé les marchés et ravivé les doutes sur la capacité de Google à rester compétitif dans la bataille pour construire de meilleurs modèles. L’action d’Alphabet a clôturé en légère baisse après avoir chuté jusqu’à 1,2 % en séance.

Ces sorties mettent en lumière la pression exercée par deux start-up sur le point d’entrer en Bourse. Anthropic et OpenAI offrent même à des salariés bien payés des grands groupes la perspective d’un gain rare : signer avant une introduction en Bourse. Dans au moins un cas, un départ de Google semblait aussi précédé de tensions sur l’allocation de ressources de calcul, un sujet qui a poussé d’autres employés à quitter l’entreprise.

Peu avant l’annonce de Shazeer chez OpenAI, la puissance de calcul dédiée à l’un de ses projets avait été réaffectée à une équipe londonienne de Google DeepMind, selon deux sources. Ce transfert visait à renforcer la collaboration entre équipes et à rationaliser le travail de pré-entraînement, la phase initiale où les modèles apprennent à partir de jeux de données massifs.

Google se veut rassurant

Adler, Pritzel, Jumper et Shazeer n’ont pas répondu aux demandes de commentaire. Anthropic n’a pas souhaité réagir. Un porte-parole de Google s’est dit confiant dans la position de l’entreprise sur le marché des talents IA et a renvoyé aux propos du patron de Google DeepMind, Demis Hassabis, tenus en début de semaine.

« Il y a beaucoup de mouvements de talents entre tous les grands laboratoires et nous gagnons notre juste part des meilleurs profils. Nous avons de loin le banc de recherche le plus vaste et le plus large de tous les laboratoires », a déclaré Hassabis lors d’un événement à Cannes. « C’est un marché férocement concurrentiel en ce moment, le plus féroce qui soit. » La guerre des cerveaux de l’IA, elle, ne montre aucun signe d’apaisement.