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Apptronik ouvre un « Robot Park » de 8 360 m² à Austin pour envoyer son humanoïde Apollo à l’école

Par La Rédaction ⏱ 4 min de lecture

Avant d’aller travailler, les robots passent par la case école. Apptronik, la start-up texane d’humanoïdes qui compte Google et Mercedes parmi ses investisseurs, vient d’ouvrir un « Robot Park » à Austin. Dans cet entrepôt de près de 8 360 mètres carrés, ses robots Apollo répètent des tâches concrètes : charger des cartons sur un tapis roulant, trier des jouets dans des bacs.

Robot humanoïde Apollo d'Apptronik s'entraînant à charger des cartons dans l'entrepôt Robot Park d'Austin
Illustration RoboActu

Une « usine à données » plutôt qu’une usine à robots

La plupart du temps, les Apollo sont pilotés à distance. La salle tourne sept jours sur sept : des opérateurs se tiennent à côté des machines, guident et surveillent leurs gestes. Les données récoltées pendant ces sessions servent ensuite à améliorer les modèles d’IA qui jouent le rôle de « cerveau » des robots.

« Comme on a une usine pour fabriquer des robots, on a une usine à données pour générer le type d’informations dont on a besoin », résume Jeff Cardenas, cofondateur et PDG d’Apptronik. Il décrit le lieu comme « un terrain de jeu d’apprentissage pour robots ».

Le problème qu’il cherche à résoudre est central pour toute l’industrie. Les chatbots ont été entraînés sur des montagnes de texte et d’images tirées d’internet. Rien d’équivalent n’existe pour le geste physique. Robot Park est la réponse d’Apptronik à cette pénurie de données du monde réel. Elon Musk poursuit une approche voisine avec son projet d’« Optimus Academy » destiné à lancer le même cercle vertueux de données pour les robots de Tesla.

Apollo 2, et déjà Apollo 3 en préparation

Apptronik est née en 2016 d’un laboratoire de l’Université du Texas, dans le sillage du DARPA Robotics Challenge, une compétition militaire américaine visant à concevoir des robots capables d’intervenir en zone sinistrée. La société a depuis levé environ un milliard de dollars et atteint une valorisation supérieure à 5,5 milliards. Mercedes, l’un de ses investisseurs, utilise déjà des Apollo dans ses usines pour rassembler pièces et outils. DeepMind, la division IA de Google, s’en sert aussi pour entraîner Gemini Robotics.

La version en service aujourd’hui, Apollo 2, embarque une batterie, des moteurs et des capteurs revus. Le robot mesure environ 1,80 m, tient quatre heures sur batterie et soulève jusqu’à 25 kg à deux mains. Une troisième génération, Apollo 3, destinée à la vente commerciale, est en développement, sans date annoncée.

Du show de laboratoire aux premiers vrais postes

Cardenas découpe le marché des humanoïdes en trois phases : prouver que la technologie fonctionne, prouver que des clients sont prêts à payer, puis passer à l’échelle de façon rentable. Selon lui, le secteur entre tout juste dans la deuxième. « Les humanoïdes sont l’ordinateur personnel de notre époque. Si vous croyez cela, alors on est au début des années 80 », dit-il.

La course se déplace effectivement des démonstrations vers les premiers tests commerciaux. Figure AI, valorisée 39 milliards de dollars, démarre des déploiements en logistique. 1X prévoit d’expédier plus de 10 000 humanoïdes vers des foyers d’ici la fin de l’année. Agility Robotics, plus avancée, déploie son robot Digit dans neuf sites clients, dont Amazon, Toyota et le logisticien GXO.

Particularité d’Apptronik : la société construit à la fois des versions à jambes et à roues d’Apollo. Cardenas voit le plus gros potentiel à long terme dans les jambes, qui ouvrent la voie à tout ce qu’un humain fait physiquement. Mais il s’attend à voir les versions à roues déployées plus tôt, car elles sont plus sûres. L’entreprise exploite déjà d’autres Robot Parks chez des clients à travers le monde, et d’autres suivront. « Le rêve, c’est d’avoir des Robot Parks partout, et de les ouvrir au public pour que les gens voient comment se construit le futur », conclut-il.

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