Le constructeur chinois UBTECH a dévoilé son nouvel humanoïde Walker C1, présenté comme le premier « silicon spokesperson » du China International Supply Chain Expo (CISCE) qui se tiendra à Pékin. Le robot, capable de danser le ballet et le tango avec un partenaire humain, marque l’arrivée d’UBTECH sur le marché de la cohabitation urbaine, avec un positionnement tarifaire situé en dessous des modèles industriels traditionnels du groupe.
La séquence n’a rien d’anodin pour UBTECH. Seul acteur pure-play de la robotique humanoïde coté à la bourse de Hong Kong, l’entreprise affiche une valorisation autour de 7,2 milliards de dollars et a généré 120,7 millions de dollars de revenus humanoïdes en 2025. Le Walker C1 doit servir de tête de pont pour pousser le groupe vers un marché plus large que ses Walker S1 et S2 industriels actuellement déployés chez BYD, Foxconn et Nio.
De l’atelier au salon professionnel
Le Walker C1 a été présenté avec une démonstration de danse de couple où le robot mène la chorégraphie avec un partenaire humain. UBTECH met en avant des mouvements fluides, un suivi du rythme musical, et une capacité d’adaptation aux mouvements du partenaire en temps réel. Le constructeur a précisé que le robot serait l’animateur officiel du CISCE 2026, le salon chinois consacré aux chaînes d’approvisionnement mondiales, dont l’édition 2026 mettra l’accent sur la robotique et l’IA appliquée à la logistique.
UBTECH ne communique pas encore de fiche technique détaillée pour le Walker C1, mais positionne clairement le modèle sur le segment du « robot d’événement » et de l’accueil : guide de salon, assistant lors de conférences, présentateur sur stand. Le robot reprend l’architecture full-size des Walker précédents avec un design plus arrondi et soigné, calibré pour l’interaction avec le grand public plutôt que pour la robustesse industrielle.
UBTECH consolide son avance sur le marché coté
Le timing du lancement est aussi un signal financier. UBTECH reste à ce jour le seul humanoïdier 100 % pure-play coté à Hong Kong, ce qui en fait l’un des rares moyens pour les investisseurs publics asiatiques d’avoir une exposition directe à la thématique. La valorisation autour de 7,2 milliards de dollars place l’entreprise dans une fourchette intermédiaire entre les startups privées chinoises comme Agibot ou EngineAI, et les acteurs cotés américains comme Symbotic ou Berkshire Grey, qui restent davantage sur le segment des bras industriels et des AMR.
Les 120,7 millions de dollars de revenu 2025 sur la verticale humanoïde restent modestes face aux 28 milliards d’ARR annoncés par OpenAI ou aux 5,6 milliards de levée chinoise sur le seul début d’année, mais ils sont supérieurs à ceux de la plupart des concurrents directs. Tesla n’a pas encore commercialisé Optimus, Figure AI reste en phase de déploiement pilote chez BMW, et Agility Robotics communique sur l’usage à l’heure plutôt que sur des volumes de ventes.
Le pari du robot d’accueil grand public
En positionnant Walker C1 sur l’événementiel et l’accueil avant l’industrie, UBTECH s’écarte de la stratégie dominante actuelle qui consiste à viser en priorité les usines automobiles et la logistique. Le constructeur parie sur un usage différent : montrer le robot au plus grand nombre dans des contextes de service, créer de la familiarité, et capitaliser ensuite sur cette visibilité pour pousser ses gammes industrielles auprès d’acheteurs B2B.
Le pari est cohérent avec le marché chinois local, où les robots d’accueil dans les centres commerciaux, les hôtels et les expositions sont déjà une réalité commerciale depuis plusieurs années avec des modèles roulants comme ceux de Pudu Robotics ou Keenon. Le saut vers un humanoïde bipède full-size capable de danser change la nature du produit et son potentiel marketing : un C1 dansant le tango pendant une cérémonie d’ouverture vaut beaucoup d’impressions médias.
Reste à voir si UBTECH parviendra à transformer cette visibilité en commandes industrielles concrètes, alors que des acteurs comme EngineAI, qui vient d’activer une ligne de 10 000 unités à Shenzhen, ou Agibot, qui a dépassé 10 000 livraisons, montrent que la course chinoise se joue surtout sur la capacité industrielle, pas sur la chorégraphie.
Source : Phemex News, Börse Express, UBTECH YouTube.

