L’armée américaine retient cinq humanoïdes pour explorer leurs usages

Visuel officiel du concours xTechHumanoid de l’armée américaine
Le concours xTechHumanoid a retenu cinq lauréats après une phase d’expérimentation.

L’armée américaine a désigné cinq lauréats de son concours xTechHumanoid après avoir reçu 103 propositions. La sélection comprend un système humanoïde complet et quatre technologies de sous-systèmes, avec l’objectif d’évaluer des robots capables d’intervenir dans des environnements dangereux conçus pour les humains.

Le Florida Institute for Human and Machine Cognition, ou IHMC, remporte la catégorie du système humanoïde de référence. ACES Group, Hydroplane, Ras Labs et Velocity Explorations sont retenus pour des sous-systèmes avancés. Cette sélection ouvre la voie à des expérimentations et à de possibles contrats, mais ne constitue pas une commande de robots opérationnels.

Cinq lauréats après une expérimentation en conditions contrôlées

Le programme xTechHumanoid est conduit par l’Assistant Secretary of the Army for Acquisition, Logistics and Technology avec la Humanoid Community of Collaboration du département américain de la Défense. Dix finalistes avaient obtenu 25 000 dollars chacun avant une phase d’expérimentation organisée en août et septembre 2026.

Le lauréat du système complet peut recevoir 75 000 dollars supplémentaires. Chacun des quatre gagnants de sous-systèmes peut obtenir 30 000 dollars. L’administration prévoit aussi un financement potentiel allant jusqu’à 1,25 million de dollars pour des contrats ou accords de suivi, sans garantie qu’ils soient tous attribués.

Le robot présenté par IHMC, baptisé Alex, combine 29 articulations, des actionneurs conçus pour résister aux chocs et une autonomie hybride. Ce dernier point signifie que l’intelligence artificielle peut assister l’exécution, tandis qu’un opérateur humain reste impliqué dans les situations complexes. L’armée évoque également une protection balistique, sans publier de niveau de certification ni de résultat d’essai détaillé.

Des robots pensés pour les infrastructures humaines

Le format humanoïde intéresse l’armée parce qu’il peut franchir des escaliers, ouvrir des portes et utiliser des outils sans modifier entièrement les bâtiments. Les missions citées couvrent la reconnaissance, la surveillance, la sécurisation de sites, le dégagement d’obstacles et les interventions face à des risques chimiques, biologiques, radiologiques, nucléaires ou explosifs.

Le concours ne porte pas uniquement sur un robot complet. Les technologies recherchées incluent des capteurs optiques ou thermiques, la détection à distance, l’autonomie, la planification de mission, l’alimentation électrique, la protection physique et le contrôle d’autres systèmes sans équipage.

L’objectif affiché est d’augmenter les capacités des unités et de réduire l’exposition des militaires dans les zones à haut risque. Les documents du concours précisent que ces machines doivent opérer aux côtés des soldats, et non les remplacer.

Une sélection, pas encore un déploiement

La liste des gagnants ne fournit ni calendrier de production, ni quantité de robots, ni engagement de déploiement. Les performances comparées durant l’expérimentation ne sont pas publiques. Il reste donc impossible de déterminer si les humanoïdes feront mieux que des robots chenillés, des quadrupèdes ou des plateformes spécialisées pour une mission donnée.

Le passage à une évaluation structurée constitue néanmoins une étape concrète. Les prochains jalons devront mesurer l’endurance, la fiabilité, la téléopération, la résistance aux chocs et la capacité à travailler dans des environnements dégradés. C’est sur ces résultats, plutôt que sur la forme humanoïde elle-même, que se jouera l’intérêt militaire réel de ces systèmes.

Fiches Robodex citées

Le briefing RoboActu

L’essentiel de la robotique, une fois par semaine.

Une sélection courte des annonces, usages et robots à suivre.

Continuer sur ce sujet

Comparer les robots