Chine et Asie

BrainCo et Neuracle : la Chine approuve le premier BCI commercial au monde et parie sur l’interface cerveau-machine grand public

Par La Rédaction ⏱ 2 min de lecture

Pendant qu’Elon Musk perfectionne ses puces implantées dans le crâne, la Chine avance sur un autre front. Les régulateurs chinois viennent d’approuver ce qu’ils qualifient de premier appareil d’interface cerveau-machine (BCI) minimalement invasif autorisé à la commercialisation dans le monde : l’implant de Neuracle Medical Technology, conçu pour restituer une partie de la fonction des mains aux patients souffrant de lésions médullaires.

Personne portant un casque EEG wearable BrainCo pour controler une main robotique par la pensee
Illustration RoboActu

En parallèle, BrainCo, l’une des Six Little Dragons de la ville de Hangzhou, tient bon sur sa vision d’un BCI grand public sans chirurgie. L’entreprise fabrique des prothèses et des appareils portables qui lisent les signaux cérébraux à travers le cuir chevelu, sans aucune ouverture du crâne. Selon CNBC, qui a rencontré Nyx He, partenaire et directrice générale de BrainCo, c’est cette approche non invasive qui recèle le plus grand potentiel commercial.

La Chine mise gros sur les cerveaux

Pékin a inscrit les BCI comme industrie stratégique d’avenir dans son dernier plan quinquennal. Ce positionnement politique se traduit par des approbations réglementaires inédites : Neuracle Medical Technology a reçu son feu vert commercial, une première mondiale pour un implant minimalement invasif. D’autres acteurs chinois comme StairMed et NeuroXess avancent sur la voie des implants invasifs.

Aux États-Unis, la course est différente. Neuralink, la société d’Elon Musk, mise sur des puces implantées profondément dans le cortex. Sam Altman soutient Merge Labs, qui explore l’ultrason comme alternative non invasive. Gestala, une startup chinoise, suit la même piste.

Des applications prouvées, un futur encore spéculatif

Rui Ma, fondatrice de la plateforme Tech Buzz China, met les choses en perspective. Les applications médicales actuelles, comme permettre à un patient souffrant de sclérose latérale amyotrophique de taper du texte par la pensée, sont déjà validées et changent des vies. En revanche, l’idée d’augmenter les capacités des personnes en bonne santé reste, selon elle, de la science-fiction à ce stade.

Ce que le financement ne montre pas encore clairement : les BCI attirent une fraction des capitaux qui coulent vers l’IA. Mais la pression géopolitique, la validation réglementaire chinoise et les investissements de personnalités comme Altman changent la donne. La rivalité sino-américaine, déjà bien engagée sur les puces et l’IA, s’étend maintenant au cerveau humain.