BYD sort du bois. Le premier constructeur automobile chinois a confirmé officiellement travailler sur un robot humanoïde, sa position la plus claire à ce jour sur ses ambitions au-delà de la voiture. Les propos viennent de Li Ke, vice-présidente exécutive du groupe, rapportés le 4 juin par CarNewsChina qui cite le média First Financial.

Du véhicule intelligent au robot humain
Li Ke a indiqué que BYD développe déjà des humanoïdes et que les facteurs de compétition décisifs dans ce secteur seront la fabrication, le logiciel et le matériel. Ce cadrage compte : il place l’intérêt du groupe pour les humanoïdes non pas dans la recherche lointaine, mais dans l’exécution industrielle, terrain où BYD excelle déjà avec ses voitures électriques.
La dirigeante a aussi avancé une piste de commercialisation inédite. Si les robots humanoïdes deviennent un jour des produits grand public, BYD pourrait les distribuer via son réseau de concessions existant. Une remarque qui souligne l’un des avantages concrets dont dispose un constructeur de gros volumes face aux start-up : des points de vente déjà installés et une logistique éprouvée.
Pourquoi BYD voit un pont entre voitures et humanoïdes
Li Ke explique que l’IA automobile et la robotique partagent des fondations technologiques communes. Elle cite la perception, la prise de décision, le contrôle du mouvement, l’intégration logicielle et l’ingénierie matérielle comme des compétences qui traversent les deux secteurs. Au niveau des composants, le recoupement est tout aussi net : les humanoïdes combinent des technologies déjà présentes dans les véhicules intelligents modernes, capteurs, actionneurs électriques, batteries, plateformes de calcul et modèles d’IA.
Cet argument explique pourquoi plusieurs constructeurs traitent désormais les humanoïdes comme un marché adjacent plutôt que comme une industrie séparée. Tesla l’a fait avec Optimus, XPeng a présenté ses propres prototypes, et la liste s’allonge. Les fabricants automobiles opèrent déjà des systèmes de production massifs, gèrent des chaînes d’approvisionnement complexes et travaillent avec des normes de sécurité strictes. Autant d’atouts transposables à la fabrication de robots.
Une confirmation, pas encore un produit
La source ne mentionne aucun nom de produit, aucun détail de prototype ni aucune démonstration publique. La confirmation reste néanmoins notable, car elle fait passer BYD d’un intérêt sous-entendu à une déclaration explicite : le travail de développement est en cours. Pour un groupe qui a bâti son empire sur la batterie et l’électrification, l’entrée dans la course aux humanoïdes ajoute un poids lourd industriel chinois face à Unitree, AGIBOT ou Xiaomi. La question n’est plus de savoir si BYD s’y intéresse, mais quand il montrera une machine.