La Chine a installé 354 000 robots industriels en 2025, soit 59 % du total mondial et 20 % de plus qu’en 2024. Ces chiffres du rapport World Robotics 2026, publiés le 24 septembre par la Fédération internationale de robotique, portent le marché chinois à un nouveau record annuel.
Le volume dépasse d’environ 60 000 unités le précédent sommet. Il confirme surtout l’écart entre la Chine et les autres marchés : près de trois robots industriels sur cinq installés dans le monde l’an dernier l’ont été dans des usines chinoises.
L’électronique reste en tête, l’automobile accélère
L’industrie électrique et électronique a absorbé 96 400 robots, en hausse de 16 %. Elle représente 27 % des installations réalisées dans le pays. L’automobile arrive ensuite avec 78 900 unités, un record et une progression de 38 % sur un an.
Le secteur des métaux et des machines a connu la croissance la plus rapide parmi les trois branches détaillées : 78 700 robots installés, soit 44 % de plus qu’en 2024. Ces équipements servent notamment à la manutention, au soudage, à l’assemblage et au chargement de machines.
Les fournisseurs chinois ont livré 195 000 des robots installés sur leur marché domestique. Leur volume a progressé de 15 % et leur part atteint 55 %. Les fabricants étrangers n’ont pourtant pas reculé : leurs installations ont augmenté de 27 %, signe que l’expansion du marché profite encore aux deux groupes.
Une croissance attendue jusqu’en 2029
L’IFR estime que le marché chinois est loin d’être saturé. La fédération prévoit une hausse annuelle moyenne comprise entre 5 et 10 % jusqu’en 2029. Les pénuries de main-d’œuvre liées à la démographie et la modernisation des capacités de production doivent continuer à soutenir l’automatisation.
Cette trajectoire s’inscrit dans le quinzième plan quinquennal chinois, couvrant la période 2026-2030. Le texte met l’accent sur l’autonomie technologique, la modernisation des industries traditionnelles et les applications physiques de l’intelligence artificielle.
Selon Jane Heffner, présidente de l’IFR, la stratégie robotique engagée par la Chine il y a dix ans a contribué à la modernisation de son système industriel. L’organisation voit désormais le pays évoluer d’un rôle de premier acheteur vers celui d’innovateur en robotique industrielle intelligente.
Notre analyse
Le chiffre de 59 % montre que la géographie de la robotique industrielle ne se résume plus à la fabrication des machines. La Chine concentre aussi leur déploiement. Cette densité d’usage raccourcit la boucle entre les constructeurs, les intégrateurs et les usines clientes, ce qui peut accélérer les améliorations du matériel.
La part de 55 % obtenue par les marques nationales est tout aussi structurante. Elle signifie que la croissance du marché intérieur s’accompagne d’une substitution progressive des fournisseurs locaux aux importations. La hausse simultanée des ventes étrangères rappelle néanmoins que ce basculement n’est pas achevé.
Les données publiées portent sur les installations, pas sur le nombre d’usines entièrement autonomes ni sur leur productivité. Elles mesurent toutefois un investissement matériel réel, bien plus robuste que les annonces de prototypes. Le prochain indicateur à surveiller sera la capacité des fabricants chinois à transformer cette base domestique en parts de marché à l’exportation.
Sources : dépêche Xinhua fondée sur le rapport World Robotics 2026 et ressources de l’IFR sur les robots industriels.
