Des robots humanoïdes téléopérés retirent une vésicule biliaire sur des cochons : une première mondiale publiée dans Nature

Deux robots humanoïdes Surgie réalisent une laparoscopie sur un cochon au bloc opératoire de l UCSD

Deux robots humanoïdes téléopérés par un chirurgien ont réalisé l’ablation d’une vésicule biliaire par laparoscopie sur des cochons. C’est une première mondiale, documentée dans une étude publiée dans Nature et mise en valeur par Nature Medicine le 31 juillet 2026. L’équipe est celle de Michael Yip, chercheur au département d’ingénierie électrique et informatique de l’Université de Californie San Diego.

Ce que les robots ont fait concrètement

La chirurgie laparoscopique consiste à opérer à travers de petites incisions plutôt qu’en ouvrant largement le patient. C’est techniquement exigeant, même pour un chirurgien humain. Dans l’étude du UCSD, deux configurations ont été testées : une équipe composée d’un humain et d’un robot humanoïde, et deux robots humanoïdes opérant ensemble de manière coordonnée. Les deux ont réussi les interventions sur de grands mammifères non primates anesthésiés.

Les robots utilisés s’appellent « Surgie ». Ils sont légers, compacts et mobiles, contrairement aux systèmes robotiques chirurgicaux classiques comme le Da Vinci, qui sont massifs, coûteux et nécessitent des salles opératoires spécialement aménagées. Surgie s’adapte aux instruments chirurgicaux standard grâce à des adaptateurs.

Pourquoi un humanoïde, et pas un robot spécialisé

La question centrale de la recherche est simple : un robot à morphologie humaine peut-il utiliser les outils conçus pour les humains dans un contexte chirurgical ? La réponse est oui, sous conditions. L’avantage d’un humanoïde est sa polyvalence. Il peut théoriquement effectuer de nombreuses procédures différentes, là où un robot spécialisé est limité à une tâche précise.

Les chercheurs soulignent aussi la facilité de déploiement. Surgie peut fonctionner dans une salle d’opération standard, sans infrastructure dédiée. C’est un argument fort pour les zones rurales, les hôpitaux de campagne ou même les environnements extrêmes comme les zones de guerre ou l’espace.

« Nous cherchons à développer des assistants chirurgicaux autonomes, car de nombreuses communautés font face à des pénuries de personnel qui laissent des patients sans soins. Notre vision est un bloc opératoire du futur où robots humanoïdes et humains travaillent ensemble pour délivrer des soins, à l’hôpital comme sur le terrain », a déclaré Michael Yip.

Des limites à ne pas minimiser

L’étude pointe aussi les défis à surmonter avant toute application clinique sur l’humain. La précision reste un point à améliorer. La fiabilité dans des situations imprévues doit être démontrée sur de nombreux cas supplémentaires. Et les délais de téléopération, même faibles, peuvent poser des problèmes en chirurgie d’urgence.

Ce que Nature Medicine souligne, c’est que l’essai préclinique ouvre la voie à la « translation clinique » : la prochaine étape serait des études chez l’animal dans des conditions plus proches du bloc réel, puis des essais humains encadrés. L’horizon reste lointain, mais la preuve de concept est établie.

Un marché en demande

Le contexte plaide pour cette recherche. Dans de nombreux pays, y compris en France, les listes d’attente chirurgicales s’allongent. La pénurie de chirurgiens spécialisés est documentée dans les zones rurales et dans les pays à revenus intermédiaires. Un robot capable de remplir le rôle d’assistant chirurgical, voire d’opérateur sous supervision distante, pourrait changer l’équation de l’accès aux soins. Ce n’est pas pour demain, mais la trajectoire est tracée.

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