Destro AI a levé 8 millions de dollars en amorçage pour étendre une plateforme qui coordonne des robots de plusieurs fabricants dans les entrepôts. Le tour a été codirigé par Base10 Partners et Bonfire Ventures, avec la participation de CoFound Partners.
La jeune entreprise de Brooklyn veut consacrer ces fonds à de nouveaux déploiements chez des clients, au développement de ses deux briques logicielles et au renforcement de ses équipes d’ingénierie et de recherche. Son pari consiste à traiter l’entrepôt comme un système unique, plutôt qu’à optimiser chaque machine séparément.
Un logiciel commun pour des flottes hétérogènes
Destro ne construit pas un nouveau robot. Son produit MothershipOS fonctionne au-dessus des machines pour décider quel robot doit exécuter une tâche, où et à quel moment. Il prend aussi en compte les opérateurs, les commandes et les autres ressources de l’entrepôt afin d’adapter les priorités au fil de la journée.
La seconde composante, VisionOS, s’exécute sur le robot. D’après l’entreprise, elle utilise des modèles entraînés à partir de démonstrations humaines pour la perception, la préhension et la manipulation mobile. L’ensemble doit permettre de changer ou d’ajouter du matériel sans reconstruire toute la logique d’exploitation autour d’un seul fournisseur.
Cette approche vise un problème concret. Les exploitants peuvent désormais combiner robots mobiles autonomes, chariots, bras de manipulation et systèmes spécialisés, mais ces équipements disposent souvent de logiciels et de modèles de tâches différents. Une couche d’orchestration indépendante du matériel peut limiter cette fragmentation, à condition de conserver des interfaces fiables avec les systèmes de gestion d’entrepôt.
Des déploiements annoncés chez des logisticiens
Destro affirme que sa technologie fonctionne déjà en production chez plusieurs prestataires logistiques mondiaux et qu’elle génère des revenus moins d’un an après la création de l’entreprise. Yusen Logistics Americas est cité parmi les utilisateurs. Rick Brunelle, directeur de l’automatisation chez Yusen, indique que la plateforme apporte davantage de contrôle sur les flux associant humains et robots.
Le communiqué ne précise toutefois ni le nombre de sites concernés, ni la taille des flottes coordonnées, ni les performances mesurées chez ces clients. La levée doit justement financer l’élargissement de ces installations et accélérer le développement de MothershipOS et VisionOS.
Notre analyse
Le financement illustre un déplacement de la valeur dans la robotique logistique. À mesure que le matériel se diversifie, l’intégration et l’orchestration deviennent des marchés à part entière. Destro devra maintenant démontrer que sa couche commune reste réellement indépendante des fabricants et qu’elle peut gérer les exceptions d’un entrepôt sans déplacer la complexité vers les équipes d’intégration.
La présence annoncée en production est plus significative qu’une démonstration isolée, mais les données publiques restent insuffisantes pour comparer la solution à celles des intégrateurs et éditeurs déjà installés. Les prochains déploiements devront rendre visibles la disponibilité des robots, le débit obtenu et le coût d’exploitation sur la durée.
Sources : communiqué de Destro AI et The AI Insider.
