L’Égypte a présenté un robot industriel conçu localement et destiné à une première application réelle dans une usine. Développée par la société égyptienne Raed Bots avec l’appui du Centre de modernisation industrielle (IMC), la machine a été remise à Qubee lors d’une cérémonie organisée le 23 septembre en présence du ministre de l’Industrie, Khaled Hashem.
Le projet affiche un taux d’intégration locale de 80 %. Les concepteurs visent 90 % lorsque le moteur sera lui aussi fabriqué dans le pays. L’annonce dépasse donc la simple démonstration de laboratoire : Qubee doit employer le robot sur une ligne de machines d’emballage, tandis que le ministère suivra ses performances en conditions industrielles.
Un premier déploiement dans l’emballage
Raed Bots, l’IMC et Qubee ont coopéré pour adapter le robot à une tâche de production. Les partenaires n’ont pas encore publié de fiche technique complète, notamment sur la charge utile, la portée ou la répétabilité. Les images diffusées lors de la remise montrent toutefois un bras articulé installé sur un socle, une architecture classique pour la manutention et l’automatisation de postes fixes.
Trois accords ont accompagné la présentation. Le premier prévoit que Raed Bots fournisse des services d’assistance technique à des industriels. Le deuxième encadre la fourniture de robots à Qubee pour ses équipements d’emballage. Le troisième associe Raed Bots à la faculté d’ingénierie de l’université de Mansoura afin de livrer des robots pédagogiques pour la recherche et la formation.
Cette organisation doit répondre à deux obstacles fréquents dans les projets d’automatisation : l’intégration chez le client et la disponibilité de compétences locales. Produire un bras ne suffit pas. Il faut aussi le programmer, concevoir les préhenseurs, sécuriser la cellule et assurer la maintenance pendant plusieurs années.
L’enjeu d’une filière robotique locale
Le gouvernement égyptien présente cette machine comme un outil de localisation technologique. Le pays cherche à développer sur place les équipements et lignes de production nécessaires à son industrie, plutôt que de dépendre entièrement de systèmes importés. Une part locale de 80 % pourrait réduire certains délais d’approvisionnement et faciliter l’adaptation des machines aux besoins des fabricants égyptiens.
Cette ambition devra encore être mesurée sur des séries plus importantes. Aucun volume de production, prix de vente ni calendrier de déploiement élargi n’a été communiqué. La fiabilité du robot, son coût total d’exploitation et la capacité de Raed Bots à fournir des pièces détachées seront déterminants pour convaincre d’autres usines.
La remise à Qubee constitue néanmoins une étape concrète. Elle place le prototype dans un environnement où ses performances pourront être comparées aux solutions importées. Pour Raed Bots, le prochain test sera moins spectaculaire que la présentation officielle, mais plus important : démontrer que le robot peut tenir une cadence industrielle avec une disponibilité et une précision constantes.
