Chine et Asie

En Chine, un robot humanoïde Unitree G1 fait la manche dans la rue pour recharger sa batterie

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Dans les rues de Chengdu, en Chine, un robot humanoïde a fait la manche. La scène, devenue virale, met en scène un Unitree G1 assis sur ses talons, mains jointes, sollicitant les passants pour qu’ils l’aident à payer sa « facture d’électricité ». Une opération marketing aussi loufoque que révélatrice de la stratégie de communication de la robotique chinoise.

Une mendicité 2.0

Le robot était posé comme un yogi au repos, les mains réunies en signe de déférence. Aux passants, le G1 expliquait n’avoir « pas d’argent pour recharger » sa batterie, dont l’autonomie annoncée par Unitree est de deux heures par charge. Les curieux pouvaient déposer des pièces ou scanner un QR code pour remplir sa sébile numérique.

Sur le réseau social chinois Rednote, les réactions ont surtout oscillé entre amusement et ironie. « Même les mendiants vont-ils perdre leur emploi à l’avenir ? », a plaisanté un internaute. Un autre a grincé qu’il s’agissait de « la principale source de trésorerie d’Unitree ». Pour l’heure, personne n’a revendiqué la paternité de cette mise en scène.

Le folklore au service de l’industrie

Cette séquence s’ajoute à une longue série de clips destinés à faire parler de la robotique chinoise. Ces derniers mois, des humanoïdes du pays ont été filmés en train de courir des semi-marathons, d’assembler des voitures ou de trier du courrier. Moins utiles que leurs cousins industriels conçus pour une tâche précise, ces humanoïdes sont devenus un formidable outil de marketing.

La Chine multiplie les records de déploiement de robots industriels, et ces vidéos virales entretiennent une image de leadership technologique. Le robot mendiant de Chengdu en est l’illustration parfaite : derrière la blague se cache une opération de visibilité savamment orchestrée.

Faire le buzz ou finir sur le trottoir

L’autodérision affichée par cette mise en scène en dit long sur le moment que traverse la robotique humanoïde. Les machines impressionnent par leurs démonstrations, mais leur utilité quotidienne reste limitée face aux robots spécialisés. Faute de cas d’usage rentables, beaucoup d’humanoïdes servent surtout à produire du contenu.

Le clip rappelle aussi une réalité plus prosaïque : l’autonomie. Deux heures de batterie, c’est court pour une machine censée travailler en continu. En jouant sur ce point faible avec humour, Unitree transforme une limite technique en argument viral. Reste à savoir si ces coups d’éclat suffiront à convaincre au-delà des réseaux sociaux.

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