FieldAI vient de franchir un cap que peu de jeunes pousses de la robotique atteignent. La start-up américaine, fondée en 2023, a dépassé les 100 millions de dollars (88 millions d’euros) de chiffre d’affaires et de contrats clients, selon des informations de Business Insider relayées le 26 juin. Une rareté dans un secteur où la plupart des acteurs peinent encore à commercialiser leurs technologies.
Des modèles qui s’adaptent à n’importe quel robot
La particularité de FieldAI tient à son approche logicielle. L’entreprise développe ce qu’elle appelle des « Field Foundation Models », des modèles d’intelligence artificielle capables d’équiper aussi bien un humanoïde qu’un quadrupède, un robot mobile, un drone ou un véhicule autonome. L’idée : fournir un cerveau universel plutôt qu’un logiciel taillé pour une seule machine.
Au cœur de ces modèles, un « Belief World Model ». Ce moteur prédictif raisonne face à l’incertitude et permet au robot de comprendre son environnement pour décider seul de la marche à suivre. Concrètement, une machine équipée par FieldAI peut évoluer dans des lieux non cartographiés, sans GPS et sans plan défini à l’avance. Un atout décisif pour les terrains industriels difficiles.
Trente clients sur trois continents
FieldAI revendique des contrats avec une trentaine de clients répartis aux États-Unis, en Europe et en Asie. Les secteurs visés sont concrets : inspection industrielle, cartographie, capture de données à grande échelle, transport de matériel, sécurité. La start-up travaille notamment avec des entreprises de l’énergie, du BTP, de la défense, du secteur minier et des data centers.
Cette diversité d’usages explique en partie la traction commerciale. Plutôt que de vendre un robot, FieldAI vend une couche d’intelligence que les industriels peuvent greffer sur des machines déjà existantes. Résultat : un déploiement plus rapide et des cas d’usage qui s’empilent.
Une valorisation à 2 milliards de dollars
L’été dernier, FieldAI avait levé 405 millions de dollars (355 millions d’euros) lors d’un tour de table qui réunissait du beau monde. On y trouvait Bezos Expeditions, le véhicule d’investissement du fondateur d’Amazon, mais aussi Intel Capital, Khosla Ventures, Nventures (la branche capital-risque de Nvidia) et Samsung. La jeune pousse était alors valorisée à 2 milliards de dollars.
FieldAI n’est pas seule sur ce créneau. Les États-Unis dominent ce segment des modèles de fondation pour la robotique, avec en tête Physical Intelligence, fondée par d’anciens chercheurs de Google DeepMind et des universités de Stanford et de Californie. Cette dernière a récolté 600 millions de dollars en novembre. Skild AI a de son côté sorti son premier modèle de fondation en juillet 2025.
La bataille se joue désormais moins sur le matériel que sur le logiciel qui le pilote. En atteignant 100 millions de dollars de revenus et de contrats, FieldAI prouve qu’un modèle universel pour robots n’est plus une promesse de laboratoire, mais un produit qui se vend.