Chine et Asie

Geely Caocao dévoile l’EVA Cab à Pékin et vise 100 000 robotaxis dédiés en circulation d’ici 2030

Par La Rédaction ⏱ 3 min de lecture

Caocao Mobility, la branche de mobilité partagée du constructeur chinois Geely, a dévoilé au Beijing Auto Show un nouveau véhicule baptisé EVA Cab. La filiale, déjà cotée à Hong Kong, annonce la mise en circulation de milliers d’unités dès 2027 et un objectif de 100 000 véhicules en service à l’horizon 2030. C’est l’attaque frontale la plus ambitieuse contre Tesla Cybercab depuis le lancement du programme Robotaxi américain.

Schema technique du robotaxi EVA Cab de Geely Caocao sans volant
Illustration RoboActu

Un véhicule conçu sans volant ni siège passager avant

L’EVA Cab est un projet conjoint de Geely, de la société technologique Afari Technology pour la conduite autonome, et de Caocao Mobility pour l’opération de flotte. Particularité : le véhicule a été dessiné depuis une feuille blanche pour le service robotaxi. Pas de volant, pas de siège passager avant, une cabine centrale arrangée comme un salon, accessible par de larges portes coulissantes électriques. Geely a aussi supprimé les vide-poches dans les portes pour éviter les oublis et réduire les coûts de nettoyage.

Le constructeur supporte deux fonctionnalités clés pour la rentabilité d’une flotte autonome : l’échange automatique de batterie en moins de quelques minutes et un nettoyage entièrement automatisé entre deux courses. Le directeur général Gong Xin a affirmé à Pékin que la voiture serait commercialisée « à un prix inférieur à celui d’une voiture privée standard », grâce à la simplification de l’architecture.

Un déploiement international dès 2027

Caocao opère déjà 100 véhicules robotaxis à Hangzhou, où elle est devenue la première société autorisée à effectuer des essais sans conducteur de sécurité en avril 2026. La société exploite par ailleurs la deuxième plus grande plateforme de VTC de Chine derrière Didi, ce qui lui donne une base de demande captive non négligeable.

Les premiers déploiements de l’EVA Cab sont prévus à Abu Dhabi, à Hong Kong et dans cinq grandes villes chinoises continentales. Production, livraison et mise en service tourneront en quasi-parallèle. La cible 2028 vise des livraisons à grande échelle.

Frontale avec Tesla, Pony.ai et Xpeng

Le pari de Caocao tranche avec la stratégie de la majorité des concurrents. Pony.ai monte ses capteurs autonomes sur des Toyota bZ4X dès la sortie d’usine, mais conserve une cabine pensée pour un humain. Xpeng prévoit ses robotaxis autour du SUV GX dont le volant peut se rétracter, tandis que Brian Gu, président de Xpeng, promettait à Reuters « des centaines à des milliers » de véhicules dans les 18 prochains mois. Tous restent des plateformes de série modifiées, donc structurellement plus chères à exploiter.

Gong Xin a aussi servi un avertissement au marché : il prédit que seuls trois à quatre opérateurs robotaxi survivront en Chine d’ici 2030. La consolidation suivra la trajectoire du véhicule électrique chinois, où 130 marques se partagent aujourd’hui un marché qui devrait être laminé à moins d’une douzaine de constructeurs en fin de décennie. La filiale Caocao a enregistré son premier trimestre rentable au quatrième trimestre 2025 et entend bien faire partie des survivants.

Reste la question industrielle : produire 100 000 robotaxis dédiés en quatre ans suppose une chaîne de fabrication massive et une homologation réglementaire en série. Et fabriquer le véhicule reste la partie la plus simple. Le vrai défi, comme Tesla et Waymo l’ont appris à leurs dépens, c’est de faire tourner ces flottes 24 heures sur 24 de manière fiable, sûre et rentable.