GITAI indique que son système robotique S2 à deux bras a fonctionné pendant environ six mois dans l’environnement spatial réel de la Station spatiale internationale. L’entreprise présente cette longue période comme une validation de la fiabilité de sous-systèmes développés en interne, notamment les actionneurs et l’électronique de vol.
Le robot autonome de 1,5 mètre avait été installé à l’extérieur de l’ISS, sur le sas Bishop de Nanoracks. En mars 2024, GITAI avait annoncé la réussite de toutes les tâches prévues de service, d’assemblage et de fabrication en orbite. Cinq mois d’essais de fiabilité devaient ensuite compléter la démonstration de six mois.
Des opérations robotiques menées hors de la station
S2 a exécuté des tâches dites ISAM, pour « in-space servicing, assembly and manufacturing ». Ce domaine couvre les opérations qui permettent d’inspecter, d’entretenir, d’assembler ou de prolonger la durée de vie d’équipements déjà en orbite. Ces capacités doivent limiter le recours à des interventions humaines et éviter de remplacer prématurément des satellites.
La présentation technique de GITAI précise que les bras ont accompli l’ensemble du programme prévu à l’extérieur du sas. Le constructeur avait alors obtenu le niveau de maturité technologique TRL 7 de la NASA pour S2, ce qui correspond à un prototype de système démontré dans l’environnement spatial.
La publication diffusée le 19 septembre apporte surtout une conclusion sur l’endurance. GITAI affirme que le système est resté opérationnel pendant près de six mois et que cette durée a permis d’éprouver ses actionneurs, son avionique et d’autres composants conçus en interne. L’entreprise ne publie toutefois pas de taux de disponibilité détaillé ni de journal complet des incidents.
Un banc d’essai pour les futurs services en orbite
GITAI développe des satellites robotiques capables de rendez-vous, d’amarrage, d’inspection, de désorbitation et d’extension de durée de vie. La société cherche à maîtriser à la fois les bras, le logiciel, l’avionique et la plateforme spatiale. La démonstration S2 doit donc servir de référence à plusieurs architectures futures.
Le constructeur souligne aussi que son bras lunaire de type « inchworm » partage de nombreux composants avec S2. Les enseignements d’endurance peuvent ainsi concerner d’autres machines destinées à travailler dans le vide, sous de fortes variations thermiques et sans maintenance directe.
La portée du test doit néanmoins être délimitée. Une installation fixée à l’ISS ne reproduit pas toutes les contraintes d’un satellite autonome. Les opérations de rendez-vous et d’amarrage, la navigation autour d’une cible non coopérative et la gestion complète de l’énergie relèvent d’autres démonstrations.
Notre analyse
La réussite ponctuelle d’une tâche montre qu’un robot sait exécuter une séquence. Six mois dans l’environnement spatial apportent une information différente : la capacité de ses composants à continuer de fonctionner malgré le vide, les cycles thermiques et le rayonnement. Pour un service orbital, cette endurance compte autant que la précision d’un bras.
GITAI devra encore documenter les performances chiffrées et démontrer l’ensemble de la chaîne sur un véhicule autonome. Le retour de S2 réduit néanmoins une partie du risque matériel. Il confirme qu’un système robotique compact, largement développé en interne, peut soutenir une campagne prolongée hors de l’ISS.
